Forte de leur relation de longue date et de leur implication dans l’initiative HeForShe, HCLTech a offert un espace dans son pavillon à ONU Femmes pour accueillir le premier Carrefour de l’égalité des genres lors du Forum économique mondial. La première table ronde a abordé la façon dont la technologie et l’innovation peuvent aider à créer des conditions équitables pour les femmes.
L’inégalité entre les genres imprègne presque tous les aspects de la société, y compris le paysage numérique en expansion constante.
La Dre Sima Sami Bahous, directrice exécutive chez ONU Femmes, l’a reconnu lors d’un discours à l’Assemblée générale de l’ONU l’an dernier, déclarant : « La fracture numérique est devenue le nouveau visage de l’inégalité entre les genres. »
La fracture numérique
En ouvrant la discussion, l’animatrice Sarah Hendriks, directrice des politiques et des programmes à ONU Femmes, a mentionné que « la technologie numérique transforme rapidement la société, permettant une croissance sans précédent et des possibilités inédites pour les femmes et les filles partout dans le monde ».
Cela a indéniablement entraîné des avantages sociaux, économiques et politiques. Mais la présence croissante de la technologie numérique et des plateformes dans notre quotidien a aussi présenté « de nouveaux défis qui pourraient perpétuer et renforcer les inégalités entre les genres », a-t-elle poursuivi.
Cette fracture numérique croissante ne passe pas inaperçue. L’Assemblée générale de l’ONU a déclaré 2023 comme une année d’action pour l’innovation et la technologie au service de l’égalité des genres, ce qui va « permettre aux gouvernements du monde d’examiner la technologie et l’innovation afin de voir comment les cadres normatifs à l’échelle mondiale peuvent être avancés pour soutenir l’innovation et la technologie qui profitent à tout le monde », a ajouté Hendriks.
Pour réussir ces ambitions et s’assurer que la technologie serve de grand égalisateur accessible à tous, « les partenariats publics-privés sont essentiels », selon Jill Kouri, chef du marketing mondial chez HCLTech, qui a participé à la table ronde.
À titre d’exemple, une autre panéliste, Asa Tamsons, première vice-présidente et responsable du secteur Technologies et nouvelles entreprises chez Ericsson, a évoqué le programme Connect to Learn de la société, qui tente de rendre les appareils abordables et l’accès à la connectivité possible dans les écoles.
Elle a déclaré : « À ce jour, nous avons connecté 300 000 enfants, en partenariat avec des fournisseurs de services, des ONG comme les Nations Unies, et des partenariats publics et privés. Chaque investissement dans ce domaine, tant du secteur public que privé, est rentable. »
Le plan pour l’égalité des genres
Le Forum pour l’égalité des genres, mis en place par ONU Femmes, est une initiative qui rassemble des partenaires des secteurs public et privé dans une série de coalitions d’action, dont l’une porte sur l’innovation et la technologie pour l’égalité des genres.
Microsoft et Women@TheTable, deux membres de cette coalition, se sont également joints au panel du pavillon HCLTech.
Au sujet des priorités des œuvres philanthropiques de Microsoft, Kate Behncken, vice-présidente d’entreprise, a dit : « Nous voulons nous assurer que tout le monde ait accès aux compétences numériques...[en mettant l’accent] sur les personnes et communautés mal desservies.
« Si les gens ne peuvent pas accéder à Internet, ils ne peuvent donc pas acquérir de compétences numériques. S’ils n’ont pas de compétences numériques, ils ne savent pas comment exploiter Internet pour l’éducation ou d’autres opportunités. »
Elle a poursuivi : « L’un des avantages du forum est qu’il nous aide tous à nous rassembler pour réfléchir aux forces uniques que nous pouvons mettre à profit pour aider à résoudre cette question. »
Caitlin Kraft-Buchman, fondatrice et PDG de Women@TheTable, a ensuite souligné le plan directeur du forum pour montrer comment la technologie et l’innovation peuvent être utilisées pour favoriser l’égalité des genres à l’échelle mondiale.
Elle a dit : « Le plan directeur comprend quatre piliers : l’accès, l’écosystème, l’innovation, et la violence en ligne basée sur le genre. »
- L’accès fait référence à l’accès à Internet, aux appareils et aux données.
En regardant ce pilier en particulier, Tamsons a donné des précisions sur la raison pour laquelle Ericsson s’engage à améliorer l’accès au numérique et à la connectivité.
Elle a dit : « Il faut un accès à la connectivité et aux appareils, car c’est la base. Si vous ne l’avez pas, vous n’êtes pas inclus...[et] vous n’avez pas la chance de développer même les compétences numériques de base. »
Tamsons a poursuivi : « Nous voulons contribuer à combler l’écart...[dans le but] de favoriser une plus grande inclusivité. »
Il existe aussi un incitatif économique. « Si nous voulons vraiment un monde prospère et continuer à stimuler l’innovation à grande échelle, nous devons inclure tout le monde », a-t-elle ajouté.
- L’écosystème fait référence à la création d’un environnement qui favorise la pensée computationnelle, de la prématernelle aux universités, ce qui aidera à éliminer les obstacles pour toute personne souhaitant acquérir des compétences numériques.
- L’innovation signifie modifier les structures qui augmentent le soutien aux entreprises technologiques dirigées par des femmes.
- La violence en ligne basée sur le genre fait référence à un problème systémique où la technologie accélère la vitesse de la violence physique à l’encontre des femmes.
« Il faut adopter une approche axée sur les droits de la personne pour la technologie et l’innovation, et veiller à ce qu’une telle approche fasse partie de la conception de la technologie et de l’innovation, ce qui est primordial si nous voulons considérer le monde à travers le prisme de l’égalité », a commenté Hendriks.
Le changement vient d’en haut et par la collaboration
En matière d’égalité des genres, « le changement doit être initié par le sommet », a déclaré Kouri.
Elle a poursuivi : « Chez HCLTech, nous employons des milliers de concepteurs de logiciels qui œuvrent sur le terrain chaque jour, travaillant avec certaines des plus grandes entreprises mondiales. Nous devons attirer plus de femmes dans ces rôles d’ingénieures logicielles, et cela commence par la direction. »
Les clients exigent également des changements de la part de leurs partenaires et fournisseurs. « Nos clients exigent une IA éthique et responsable pour toute conception et développement, ainsi qu’une diversité de fournisseurs à travers tous les partenaires avec lesquels nous travaillons – c’est d’une importance capitale.
« Il y a un énorme intérêt à faire mieux, et cela vient de toutes parts », a affirmé Kouri.
Comme mentionné plus tôt, la collaboration entre les organisations publiques et privées est essentielle pour parvenir à l’égalité des genres grâce à la technologie et à l’innovation.
HCLTech, par exemple, collabore avec une organisation de la Fondation des Nations Unies appelée Girl Up, qui vise à inspirer la prochaine génération à choisir la voie de l’ingénierie, de la transformation numérique ou du conseil numérique comme carrière.
Afin d’illustrer d’autres façons dont HCLTech contribue à améliorer l’accès aux compétences numériques et à promouvoir l’égalité, Kouri a indiqué : « Nous passons souvent outre l’université, recrutant des jeunes directement à la sortie du secondaire et les formant à l’interne par des programmes d’apprentissage. À la fin de ces programmes, nous leur offrons de payer des études collégiales d’une durée de quatre ans.
« Fixer des objectifs est important. Nous visons une répartition hommes-femmes de 50/50 pour toutes les embauches débutantes issues de ces programmes. Il faut se fixer des objectifs ambitieux, se mesurer et être imputable à soi-même. »
Elle a ajouté : « Nous sommes attentifs à la fois à la diversité de genre et à la diversité socio-économique en nous rendant dans des communautés où il y a des élèves du secondaire qui n’auraient pas forcément les moyens d’aller au collège. Il est important de considérer à la fois la diversité de genre, socio-économique et raciale. »
Au-delà des technologues : Un point de bascule historique
Pour conclure, Kraft-Buchman a déclaré que « la technologie est trop importante pour être laissée uniquement aux technologues ».
« À ce stade, cela fait partie intégrante de nos vies quotidiennes. Nous avons besoin de tout le monde autour de la table, venant avec leurs solutions issues de cette ressource inexploitée que sont les femmes et les filles qui étaient exclues du système. »
Pour clore la table ronde, Hendriks a cité António Guterres, secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, dans un rapport publié l’an dernier intitulé Notre Programme commun.
Au sujet de la technologie numérique, Guterres a déclaré que nous sommes à un point de bascule absolu de l’histoire. Il est maintenant temps de briser ce cycle d’inégalités et de joindre nos forces entre partenaires afin de créer ce qui ne peut qu’être un avenir numérique ouvert, sûr et plus égalitaire pour les générations à venir.

