La plateforme mainframe (IBM Z) demeure un composant important de l'infrastructure TI contemporaine, offrant aux entreprises une plateforme de traitement fiable, sécurisée et performante. Cependant, ces caractéristiques s’accompagnent d’un coût : dans un sondage récent mené par BMC, 49 % des répondants ont indiqué que l’optimisation des coûts de leur environnement mainframe était l’une de leurs principales priorités pour l’année à venir. Étant donné que les dépenses logicielles (c.-à-d. licences et maintenance) constituent généralement la plus grande part du budget d’exploitation d’un mainframe, il est essentiel de se concentrer sur cet aspect pour obtenir une meilleure efficacité des coûts. Cet article présentera certaines des stratégies d’optimisation que les entreprises peuvent adopter pour gérer efficacement leurs dépenses liées aux logiciels mainframe.
Facteurs de tarification des logiciels mainframe
Avant d'aborder les stratégies d'optimisation, il importe de mieux comprendre les facteurs qui influencent la facture mensuelle de vos logiciels mainframe. Sachez que la gestion des licences logicielles mainframe est un sujet extrêmement complexe, alors nous simplifierons cette discussion afin de la rendre accessible à un plus large public.
Consolidation des fournisseurs
Les fusions et acquisitions ont historiquement été utilisées comme stratégie commerciale pour élargir la portée ou dominer le marché. Cette tendance est particulièrement observable dans l’écosystème des fournisseurs de logiciels mainframe ces dernières années. L’offre auparavant vaste et diversifiée de fournisseurs s’est considérablement réduite, les grandes entreprises ayant acquis les plus petites. Par conséquent, la consolidation des fournisseurs a grandement réduit le pouvoir de négociation des clients, faisant ainsi pencher la balance du côté des fournisseurs, qui contrôlent désormais effectivement les modalités et les prix des licences logicielles pour leurs clients.
Consommation MSU/MIPS
Un des principaux facteurs qui déterminent les frais de logiciels mainframe est la consommation réelle de logiciels nécessaire à votre environnement mainframe pour traiter ses charges de travail. Habituellement, cette consommation est quantifiée en Million Service Units (MSU) ou en Millions d’Instructions Par Seconde (MIPS). En termes simples, ces termes servent à mesurer la capacité de calcul et la vitesse d’un système mainframe donné. Les fournisseurs de logiciels mainframe fondent généralement leurs frais sur l’indice MSU ou MIPS d’un système mainframe spécifique, des chiffres plus élevés entraînant généralement des frais plus élevés.
Modèles de tarification
En général, il existe deux principaux modes de licences logicielles mainframe, tous deux basés sur les concepts de MSU/MIPS décrits ci-dessus :
- Capacité totale (« Full Capacity »), où les frais de licence sont basés sur la capacité totale installée du serveur mainframe;
- Capacité partielle (« Sub Capacity »), où les frais de licence sont basés sur la consommation réelle de MSU/MIPS dans l’environnement.
Exemple : Un serveur mainframe IBM z16 modèle 3932-H06 offre une capacité de 1 090 MIPS / 137 MSU; il s’agit là de la capacité de traitement installée de ce modèle précis. Les licences logicielles fondées sur un modèle de capacité totale sont calculées sur la base de ces chiffres (1 090 MIPS / 137 MSU), peu importe la quantité réelle de traitement effectuée dans cet environnement. Par contre, les frais dans un modèle de capacité partielle seraient calculés selon les MIPS / MSU réellement consommés par les charges de travail… idéalement inférieurs à la capacité de traitement maximale du serveur mainframe.
Une autre façon de comprendre ces modèles consiste à les comparer à la façon dont vous payez vos factures de services publics à la maison :
Modèle de capacité totale = Facture d’Internet, avec un tarif fixe, peu importe la quantité de données téléchargées ou téléversées.
Modèle de capacité partielle = Facture d’eau ou d’électricité, où vous payez selon votre consommation réelle sur une période donnée.
Le modèle de tarification par capacité partielle est considérablement plus complexe que le modèle de capacité totale. Chaque fournisseur qui le propose utilise ses propres méthodes pour mesurer la consommation de MIPS / MSU : certains fondent leurs calculs sur la consommation totale agrégée, d’autres sur la consommation de pointe mensuelle. Bien que cette complexité inhérente puisse poser des défis, elle offre aux entreprises des occasions de mettre en œuvre des stratégies pour réduire leur consommation et ainsi diminuer les frais de licences logicielles.
Gestion des coûts des logiciels mainframe
Les consommateurs de mainframe disposent de nombreuses stratégies pour optimiser leurs dépenses logicielles, dont certaines seront brièvement abordées dans cet article. En raison de la complexité du régime de licences des logiciels mainframe, il est recommandé de faire appel à des experts chevronnés pour évaluer votre situation et mettre en place une stratégie d’optimisation.
Gestion des charges de travail
Une méthode d’optimisation des dépenses logicielles mainframe pour une entreprise consiste à gérer les charges de travail qui s’exécutent dans l’environnement. En « aplanissant » la courbe de consommation de MIPS / MSU du mainframe, il est possible d’obtenir des avantages pour le modèle de capacité partielle, qui se base généralement sur la consommation de pointe mensuelle. Le système d’exploitation mainframe inclut une fonction nommée « Soft Capping » qui permet aux programmeurs systèmes de fixer une limite aux MIPS / MSU consommés pendant une période de facturation. Bien que cela puisse réduire les coûts des logiciels en capacité partielle, cela peut aussi retarder l’exécution des charges principales, ce qui pourrait nuire au niveau de service. Ainsi, cette stratégie s’accompagne habituellement d’une analyse qui vise à replanifier les charges de travail moins importantes hors des périodes de pointe.

Économies d’échelle
En règle générale, plus vous achetez d’un produit, plus le coût à l’unité baisse; ce principe s’applique aussi au monde du mainframe. Les entreprises exploitant de petits ou moyens environnements mainframe sont désavantagées sur le plan de l’échelle d’achat, car elles n’achètent que la quantité de MIPS/MSU dont elles ont besoin. Cette quantité « ajustée » entraîne souvent un prix unitaire supérieur. Ces entreprises pourraient tirer profit de l’utilisation d’un fournisseur de services mainframe proposant une offre de type « Mainframe as a Service ».
Les fournisseurs de services mainframe achètent des licences en grande quantité, signent des contrats de longue durée et bénéficient de privilèges d’accès spéciaux, ce qui serait trop coûteux pour les petits clients mainframe. En regroupant plusieurs clients pour lesquels ils achètent des logiciels, le fournisseur de services peut tirer parti de cette échelle d’achat auprès des fournisseurs d’équipements mainframe pour offrir les ressources nécessaires à moindres coûts aux petits clients, tout en réalisant un profit. Cela crée une situation gagnant-gagnant pour toutes les parties.
Rationalisation logicielle
Il va sans dire que des pratiques matures de gestion des actifs logiciels sont essentielles à une bonne gestion TI. Sans un suivi rigoureux des achats, déploiements, utilisations, maintenances et retraits des applications qui s’exécutent sur un mainframe, le contrôle des coûts devient pratiquement impossible.
La réalisation d’audits techniques périodiques de votre environnement mainframe permet d’identifier les applications et produits logiciels OEM redondants et donc non requis. Ceux-ci doivent être retirés du système et exclus des ententes de licences auprès des fournisseurs concernés.
Un volet plus extrême d’un programme de rationalisation logicielle consiste à évaluer tous les produits d’un même OEM utilisés, dans le but de les remplacer complètement par ceux d’un compétiteur. Ces projets sont généralement complexes et exigent des ressources spécialisées, mais peuvent générer des économies substantielles.
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Mot de la fin
Malgré son ancienneté, le mainframe a su résister à l’épreuve du temps et a prouvé qu’il est loin de disparaître. L’optimisation des coûts mainframe doit donc être une démarche proactive pour les entreprises. La gestion des dépenses ne doit pas être un élément secondaire, mais faire partie intégrante de la stratégie de cycle de vie du mainframe. En considérant les facteurs et techniques mentionnés plus haut et en recherchant l’aide d’experts, les organisations peuvent minimiser leurs dépenses mainframe et en maximiser la valeur.

