Prioriser la conformité dans la numérisation des prêts et des hypothèques

Les entreprises de prêt et d’hypothèques doivent gérer efficacement les risques de conformité pour s’aventurer en toute confiance dans le paysage numérique. Lisez le blogue pour découvrir les impératifs du secteur.
5 minutes de lecture
Armand Massie
Armand Massie
Vice-président principal, opérations des processus d’affaires
5 minutes de lecture
Donner la priorité à la conformité dans la numérisation des prêts et des hypothèques

Les récents bouleversements mondiaux ont accéléré la numérisation des services financiers (SF). De nombreuses institutions financières à l’échelle mondiale, y compris les organisations de prêts et d’hypothèques, ont dû faire preuve de résilience et s’adapter rapidement pour répondre aux attentes changeantes de la clientèle et à un paysage économique en pleine mutation. Selon un sondage récent sur la réglementation et la gestion des risques1, 71 % de tous les répondants de l’industrie financière américaine ont signalé divers degrés de progrès en matière de numérisation de leur portefeuille de prêts 

Pendant ce temps, d’un point de vue plus global2, les investissements réalisés dans la technologie au sein des services financiers ont atteint la somme impressionnante de 98 milliards $ rien que durant la première moitié de 2021, alors que ce montant pour toute l’année 2020 était de seulement 121,5 milliards $. Sans aucun doute, cette poussée vers la transformation numérique vise à accroître la portée et à favoriser une nouvelle croissance tout en réduisant les coûts grâce à l’adoption de technologies émergentes. 

Le spectre de la hausse des risques de conformité

Cependant, la croissance fulgurante de la numérisation a également amplifié les risques de sécurité pour les secteurs critiques et sensibles aux données, comme les services financiers. Le sondage sur la réglementation et la gestion des risques a révélé que près des deux tiers des répondants (63 %) considèrent les attaques par rançongiciel comme l’un des principaux risques d’entreprise à prendre en compte. Naturellement, cela complique la réglementation de la confidentialité et de la sécurité des données ainsi que leur conformité à l’échelle du secteur. La priorisation des principaux risques de l’industrie — cybersécurité, risque de crédit, conformité et risque opérationnel — s’est légèrement déplacée vers la conformité, avec une augmentation de 3 % signalée entre 2020 et 2021. 

Le rapport Global Financial Regulations3 a démontré que la prévention des cyberattaques, la protection des données sensibles et le respect de l’évolution des réglementations sectorielles et des lois sur la confidentialité des consommateurs représentent les principaux défis de conformité pour les organisations de services financiers. De plus, dans la course à la numérisation, le recours à des processus numériques tels que la clôture électronique (e-closing) et les e-notes peut introduire de nouvelles vulnérabilités en ce qui concerne la sécurité et la confidentialité des données. Cette réalité freine les ambitions numériques, ce qui est essentiel à la réussite de toute organisation de services financiers désireuse de prospérer dans un monde de plus en plus digital. Le même rapport souligne en outre que près de 50 % des institutions financières citent la conformité réglementaire comme un facteur ralentissant l’adoption numérique. 

Le message est clair pour les services financiers, notamment pour les entreprises de prêts et d’hypothèques. Elles doivent gérer efficacement les risques de conformité afin de s’engager avec confiance dans le paysage numérique. Il y a par ailleurs certains impératifs sectoriels à prendre en considération. 

Le message est clair pour les services financiers, notamment pour les entreprises de prêts et d’hypothèques. Elles doivent gérer efficacement les risques de conformité afin de s’engager avec confiance dans le paysage numérique.

Conformité holistique pour les activités numériques de prêts

Pour les fournisseurs de services de prêts et d’hypothèques faisant partie de l’industrie des services financiers, plusieurs facteurs doivent être pris en compte pour demeurer conformes. Les deux approches clés sont les suivantes :

  1. Collaborer pour contrer la réglementation désuète et réactive

    La technologie financière évolue à un rythme exponentiel et la réglementation peine à suivre cette croissance. Les décideurs dans la plupart des marchés ont généralement des cycles de gestation beaucoup plus longs lors de l’élaboration de politiques publiques, de lois et de réglementations. Par exemple, la Directive sur les services de paiement 2 (DSP2) de la Commission européenne, qui vise à simplifier les opérations bancaires et les paiements électroniques en ligne pour les clients, a été conçue sept à huit ans avant sa mise en œuvre4. Cela crée un écart considérable entre l’état du paysage numérique et les innovations, qui progressent à une vitesse fulgurante. 

    Comme les règlements établis sont principalement prescriptifs ou axés sur une technologie précise, ils risquent de devenir rapidement obsolètes. Il faut complètement revoir le processus pour permettre une réglementation dynamique et agile et soutenir l’idée de passer de la réglementation à la supervision. Ainsi, les réglementations neutres sur le plan technologique et fondées sur des principes intègrent un nouvel accent sur les lignes directrices et la supervision, tout en demeurant suffisamment stables pour rester pertinentes dans la durée. 

    Pour surmonter ces défis, il faut une approche collaborative entre les organismes de réglementation et les organisations de services financiers, ce qui a traditionnellement fait défaut. Cette absence de collaboration a conduit à une interprétation erronée des règlements et même à un vide réglementaire dans certaines circonstances. Cela peut sérieusement freiner la capacité d’une organisation à prendre des décisions stratégiques et de transformation à long terme, alors que ses fonctions internes de conformité, juridique et de gestion des risques demeurent conservatrices et limitées dans leur approche. 

    D’un autre côté, une collaboration proactive avec les organismes de réglementation leur permet d’éviter des risques injustifiés. Un exemple à cet égard est de permettre aux acteurs déjà en place dans le secteur financier de participer à des initiatives de bacs à sable (« sandbox »). Et il existe déjà un précédent de réussite. En 2018, l’Autorité monétaire de Singapour (MAS)5 a lancé la plateforme API Exchange en partenariat avec l’ASEAN Financial Innovation Network et l’ASEAN Bankers Association. La plateforme API Exchange repose sur une architecture ouverte permettant aux fournisseurs de services de prêts et d’hypothèques de collaborer, concevoir des expérimentations et déployer des solutions numériques novatrices qui accélèrent considérablement le déploiement, le lancement et la création de solutions. 

  2. Développer un système global de gestion de la conformité

    Un autre aspect pour concilier la volonté d’offrir une expérience client exceptionnelle et une rentabilité accrue via la numérisation et la complexité croissante de la réglementation est l’adoption d’un système de gestion de la conformité (SGC) complet et intégré. Celui-ci permet de combiner des aspects numériques tels que l’analytique avancée, l’ingénierie des processus et l’automatisation avec des ressources spécialisées dans le domaine des prêts et des hypothèques. Trois moyens permettent d’y parvenir :

    1. Tirer parti de l’automatisation des flux de travail

      Les technologies de flux de travail intelligents simplifient les tâches, la vérification de l’autorité des utilisateurs et la validation des règles d’affaires pour assurer la conformité lors des tâches routinières et répétitives. Elles identifient également les lacunes et donnent des alertes en cas de mesures correctives à prendre. De plus, les technologies connexes comme la RPA, l’OCR et l’ICR peuvent assurer la précision et la cohérence. Les solutions fondées sur la RPA éliminent aussi le besoin de révisions secondaires grâce à des points de contrôle intégrés et à l’auditabilité intégrée. 

    2. Restructuration des processus de conformité

      Un SGC robuste impose une révision radicale de l’organisation et de la gestion des processus de conformité. Cela comprend une documentation approfondie, la création de processus spécialisés adaptés aux exigences, l’optimisation des processus ainsi que l’identification et l’analyse des lacunes. 

    3. Surveillance automatisée par les données

      Enfin, grâce à une surveillance automatisée et axée sur les données, il est possible d’identifier et de traiter proactivement les problématiques potentielles de conformité. L’analyse de données permet d’atténuer les risques et d’assurer la conformité, notamment par l’évaluation d’échantillons plus vastes, la création de modèles de risque pour soutenir une prise de décision précise, l’établissement de rapports de données conformes et l’implantation de mesures correctives pour pallier les facteurs systémiques de risque. 

En conclusion

À mesure que menaces et vulnérabilités augmentent, la vigilance dans le secteur financier ne peut que s’intensifier. Toutefois, les entreprises ne doivent pas nécessairement considérer la conformité réglementaire comme un frein. Souvent, elle peut devenir un levier d’innovation ouvrant la voie à de nouvelles perspectives et à la croissance future. Les organisations doivent surtout veiller à adopter une réflexion claire et structurée pour atteindre la conformité réglementaire.

Favoriser des échanges francs avec les autorités de réglementation et élaborer des plans de gestion de conformité propres à l’organisation sont essentiels. Cela permet de naviguer dans les eaux troubles d’une réglementation en évolution rapide vers un avenir florissant et rentable.

En tant qu’organisation pleinement autorisée et conforme à la SAFE ACT et aux autres réglementations américaines, les solutions de prêt de HCLTech sont habilitées à exercer de multiples activités sur l’ensemble du territoire américain. pour découvrir comment nous pouvons vous aider à vous adapter aux changements et aux perturbations que l’avenir pourrait vous réserver.

Références

  1. https://www.wolterskluwer.com/en/know/regulatory-risk-management-indicator
  2. https://home.kpmg/xx/en/home/media/press-releases/2021/08/record-breaking-vc-investment-in-fintech-in-first-half-of-2021.html#:~:text=KPMG's%20Pulse%20of%20Fintech%20reveals,investment%20hit%20US%2498%20billion.&text=US%2498%20billion%20in%20fintech,billion%20during%20all%20of%202020
  3. https://www.onespan.com/resources/onespan-global-financial-regulations-report
  4. https://www2.deloitte.com/content/dam/Deloitte/global/Documents/Financial-Services/gx-fsi-iif-deloitte-digital-transformation-study-2020-report.pdf
  5. https://www.mas.gov.sg/news/media-releases/2018/worlds-first-cross-border-open-architecture-platform-to-improve-financial-inclusion
Partager sur
FS Services bancaires Blogues Prioriser la conformité dans la numérisation des prêts et des hypothèques