Dans le monde mondialisé et interconnecté d’aujourd’hui, les transferts de données transfrontaliers sont devenus essentiels pour les opérations commerciales et les secteurs allant des soins de santé à la technologie, en passant par la finance et le commerce de détail. Cependant, le transfert de données sensibles à l’extérieur des États-Unis comporte des risques significatifs, notamment face à des nations étrangères ayant des intentions adverses. Conscients de ces risques, le ministère de la Justice (DOJ) a publié une règle mise à jour le 8 avril 2025, qui redéfinit la façon dont les organisations gèrent les transferts de données au-delà des frontières. Cette évolution marque un tournant décisif dans les politiques réglementaires américaines en matière de données, mettant l’accent sur la cybersécurité, la protection de la vie privée et la sécurité nationale.
Dans ce blogue, nous aborderons la dernière règle du DOJ concernant les transferts de données transfrontaliers, explorerons ses répercussions pour des secteurs comme les soins de santé et les sciences de la vie, et proposerons des mesures concrètes que les organisations peuvent prendre pour se conformer à cette réglementation cruciale avant l’entrée en vigueur prévue en octobre 2025.
L’objectif du DOJ : Protéger l’information critique
Lorsque des données sensibles quittent les frontières américaines, il existe toujours un risque que des adversaires étrangers puissent y accéder directement ou indirectement. Que ce soit par des fournisseurs tiers, des ententes d’emploi ou des investissements, la règle mise à jour du DOJ vise à prévenir l’accès non autorisé à l’information personnelle ou gouvernementale. Elle souligne l’importance de redéfinir la façon dont les organisations américaines traitent et partagent les données sensibles, afin que des puissances adverses ne puissent pas les exploiter à des fins contraires à l’éthique ou nuisibles. Ce règlement révisé ne se limite pas aux enjeux de protection de la vie privée ; il introduit des mesures qui placent la protection des données dans le contexte de la sécurité nationale.
Le DOJ précise : Transactions restreintes et interdites
La règle mise à jour du DOJ définit deux types clés de transactions liées aux transferts transfrontaliers de données :
1. Transactions restreintes : La réglementation restreint les entités et individus américains de permettre l’accès à des données sensibles par le biais d’ententes d’emploi, d’investissements ou de contrats avec des fournisseurs à des « personnes couvertes » ou à des entités situées dans des « pays préoccupants ». Ces ententes ne sont autorisées que si les exigences strictes de la Cybersecurity and Infrastructure Security Agency (CISA) sont respectées. Voici une explication :
a. Personnes couvertes : Toute personne ou entité située dans, détenue ou contrôlée par, ou dirigée par un gouvernement d’un « pays préoccupant ».
b. Pays préoccupants : Cette désignation vise des nations adverses telles que la Chine (y compris Hong Kong et Macao), Cuba, l’Iran, la Corée du Nord, la Russie et le Venezuela.
Les exigences de la CISA se répartissent en deux catégories :
Catégorie 1 - Contrôles organisationnels et au niveau des systèmes : Ceux-ci incluent des mécanismes robustes pour protéger les données, comme l’inventaire des actifs, des protocoles de gestion des vulnérabilités, des contrats fournisseurs dotés de clauses de sécurité spécifiques, des mécanismes de protection de la topologie réseau, des procédures de gestion des changements, des mesures d’intervention en cas d’incident et des contrôles d’accès stricts.
Catégorie 2 - Exigences au niveau des données : Pour réduire les risques, les organisations doivent adopter des technologies avancées visant à renforcer la vie privée, notamment :
- Masquage et minimisation des données : S’assurer que les données non pertinentes soient exclues de l’échange.
- Chiffrement : Protection des données sensibles lors de leur transfert.
- Autres outils de protection de la vie privée : Offrant des audits en temps réel et des procédés d’anonymisation.
De plus, les organisations doivent effectuer des audits de sécurité annuels et mettre en œuvre un système d’archivage capable de conserver la documentation jusqu’à 10 ans.
2. Transactions interdites : Les transactions interdites concernent les activités de courtage de données, où des informations sensibles en masse (personnelles ou gouvernementales) sont vendues, échangées, concédées sous licence ou partagées avec des pays adverses ou des « personnes couvertes ». Ces transactions sont proscrites dans les circonstances suivantes :
- Absence de consentement ou de connaissance directe : Si les données sont transférées sans le consentement explicite ou la connaissance de l’utilisateur, cela enfreint les normes du DOJ.
- Utilisations visant ou profilant des personnes américaines : Les données ne doivent pas être utilisées pour exploiter ou profiler des citoyens américains à des fins adverses.
Cette interdiction garantit que les entités liées à des nations adverses ne puissent pas accéder à des ensembles de données sensibles pour des activités manipulatrices, ce qui en fait une mesure essentielle pour la sécurité nationale.
Incidences sur les soins de santé et les sciences de la vie
Les secteurs des soins de santé et des sciences de la vie se distinguent parmi ceux qui sont considérablement touchés par cette règle en raison de la nature des données traitées. L’information délicate comme les données génomiques humaines, les identifiants biométriques, les données de localisation précises et les dossiers de santé personnels sont désormais soumises à une attention accrue dans le cadre du nouveau dispositif du DOJ.
Pourquoi ce secteur doit-il agir maintenant ?
La réglementation du DOJ bouleverse la donne pour les organisations engagées dans des activités liées à la santé, y compris les essais cliniques, les organisations de recherche sous contrat (CRO) ainsi que les fournisseurs de technologies de santé. Il ne s’agit plus uniquement de protection des données — il s’agit désormais d’une question réglementaire liée à la sécurité nationale. À considérer :
- Menaces biosécuritaires : L’exposition de données génomiques ou biométriques humaines à des nations adverses pourrait entraîner de graves risques biosécuritaires, comme la manipulation d’informations génétiques ou le ciblage d’individus à des fins adverses.
- Risques d’exposition indirecte : Même si l’échange direct de données avec un « pays préoccupant » est évité, les adversaires peuvent obtenir un accès indirect via des sociétés intermédiaires, des fournisseurs ou des ententes d’emploi tierces.
Pour cette raison, les organisations de ce secteur doivent en priorité revoir leurs flux de données, réviser leurs contrats fournisseurs et adopter des mesures pour prévenir tout accès adverse à leurs données.
Sanctions sévères en cas de non-conformité
Le non-respect de la règle actualisée du DOJ peut entraîner des sanctions sévères, illustrant la rigueur de cette réglementation.
- Amendes civiles : Les organisations s’exposent à des amendes allant jusqu’à 368 136 $ ou deux fois la valeur de la transaction, selon le montant le plus élevé.
- Infractions criminelles : La non-conformité peut entraîner des amendes atteignant 1 million de dollars et jusqu’à 20 ans d’emprisonnement.
Ces conséquences démontrent toute la gravité de respecter cette règle, qui dépasse largement les exigences traditionnelles de conformité en matière de vie privée pour protéger les intérêts nationaux américains.
Comment les organisations doivent-elles se préparer
Avec l’entrée en vigueur prévue en octobre 2025, les organisations disposent d’une fenêtre limitée pour adapter leurs opérations aux exigences du DOJ. Voici un plan étape par étape pour faciliter la préparation :
- Cartographiez les flux de données transfrontaliers : Comprenez l’origine, la destination et le stockage de vos données sensibles. Identifiez tous les fournisseurs, partenaires ou intermédiaires impliqués dans le traitement des données. N’oubliez pas de définir clairement les distinctions entre les opérateurs américains et étrangers traitant les données.
- Évaluez les tiers : Effectuez une diligence raisonnable rigoureuse sur les fournisseurs tiers, les ententes d’emploi et les partenaires d’investissement. Vérifiez si vos tiers entretiennent des liens directs ou indirects avec des « pays préoccupants » ou des « personnes couvertes ».
- Mettez en œuvre des programmes de conformité fondés sur le risque : Collaborez avec les équipes juridiques et informatiques pour concevoir des protocoles en adéquation avec les exigences de la CISA. Portez une attention particulière à l’intégration d’arbres décisionnels, de contrôles organisationnels et de mesures de sécurité des données afin de gérer efficacement les transactions restreintes.
- Conservez une documentation solide : Veillez à ce que tous les contrats, audits, conclusions de conformité et autres documents soient stockés en toute sécurité et accessibles pendant au moins 10 ans. Cela facilitera la preuve de conformité auprès des autorités réglementaires et lors des audits.
Dernières réflexions : l’intersection de la vie privée, de la cybersécurité et de la géopolitique
La règle actualisée du DOJ sur les transferts de données transfrontaliers reflète l’importance croissante de la cybersécurité face aux menaces géopolitiques. C’est un appel à l’action pour les organisations opérant à l’échelle mondiale, qui doivent repenser leur gouvernance des données pour protéger l’information sensible et préserver la confiance, la résilience et l’état de préparation réglementaire. Chez HCLTech, nous aidons activement les organisations à naviguer dans cette nouvelle ère de conformité mondiale grâce à :
- Évaluations de l’exposition des données : Analyse des vulnérabilités organisationnelles liées aux flux de données transfrontaliers.
- Mise en œuvre de cadres de conformité : Conception de systèmes conformes aux normes américaines et internationales.
- Pérennisation des opérations de données : Alignement des entreprises avec l’évolution des réglementations en matière de cybersécurité et de protection des données.
Le temps presse. Avec l’échéance d’octobre 2025 qui approche à grands pas, les organisations doivent faire de la conformité une priorité afin d’éviter de lourdes sanctions civiles et pénales, tout en protégeant leurs données contre toute exploitation par des nations adverses.

