La finance verte n’est plus un axiome pour le secteur financier qui cherche à profiter des avantages des références sociales. Les considérations ESG ont contribué à de nombreuses décisions d’investissement ces dernières années. Les entreprises de tous les secteurs s’intéressent à la finance durable, sous l’impulsion croissante des gouvernements pour atteindre les objectifs climatiques.
Une nouvelle étude de TheCityUK et BNP Paribas a montré que le financement vert mondial a été multiplié par plus de 100, atteignant une valeur de marché de 540,6 milliards de dollars au cours de la dernière décennie. Signifiant la voie pour les entreprises et les consommateurs de réduire leur empreinte carbone sans se ruiner, la finance verte et la finance durable aident les entreprises à développer et à mettre en œuvre des pratiques commerciales respectueuses de l’environnement.
Les entreprises, les consommateurs et les actionnaires réclament un engagement ferme envers les priorités environnementales, sociales et de gouvernance (ESG). Les organisations doivent aller au-delà des indications réglementaires immatures d’aujourd’hui et de la catégorie d’investissement durable pour élaborer des stratégies qui leur permettront d’être à la pointe alors que les attentes du marché ne cessent d’augmenter, explique Arindam Gangopadhyay, Vice-président, BFSI, HCLTech.
L’essor de la finance durable
La finance durable cherche à investir des capitaux dans des projets qui renforcent les considérations ESG et le développement durable. Le but de la finance durable est de renforcer les efforts d’adaptation pour lutter contre le changement climatique, la pollution, la biodiversité et l’économie circulaire en fournissant des ressources financières aux opportunités.
Des accords internationaux majeurs ont été conclus avec l’adoption à la fois de l’agenda 2030 de l’ONU et des objectifs de développement durable et de l’accord de Paris sur le climat. L’accord de Paris inclut l’engagement d’aligner les flux financiers sur une voie de développement à faible émission de carbone et résiliente au changement climatique.
De même, le plan d’investissement du pacte vert pour l’Europe vise à mobiliser des fonds privés via des instruments financiers de l’UE, notamment InvestEU, ce qui conduirait à au moins 1 000 milliards d’euros d’investissements pour créer l’environnement propice — ou « cadre facilitateur » — à la stimulation des investissements publics et privés nécessaires à la transition vers une économie neutre en carbone, verte, compétitive et inclusive.
Pour garantir que les investissements durables tiennent leurs promesses, l’organisme mondial de normalisation comptable, la Fondation des Normes internationales d'information financière (IFRS), a mis en place le Conseil international des normes de durabilité pour élaborer de nouvelles règles visant à valider les déclarations de durabilité.
Le financement vert a également connu un élan considérable dans des pays asiatiques comme l’Inde et Singapour, les gouvernements concernés ayant pris plusieurs initiatives pour encourager les investissements verts. Le gouvernement indien a lancé le Plan d’action national sur le changement climatique qui définit une stratégie nationale visant à permettre au pays de s’adapter au changement climatique et à renforcer la durabilité écologique de la trajectoire de développement de l’Inde.
Il a également identifié huit missions majeures, dont la Mission Solaire Nationale, la Mission Nationale pour l’Efficacité Énergétique Accrue et la Mission Inde Verte, entre autres, afin de promouvoir le développement durable dans divers secteurs de l’économie, notamment l’énergie, le transport, l’agriculture et la foresterie.
Pour décarboner rapidement l’économie, Singapour prévoit d’élargir son approche, aujourd’hui centrée uniquement sur la finance verte, afin d’inclure également la finance de transition par l’établissement de définitions claires, l’encouragement à l’innovation et l’extension des subventions. Connue pour être le centre pétrolier de l’Asie, Singapour y parviendra grâce au nouveau plan d’action « Finance for Net Zero » de l’Autorité monétaire de Singapour (MAS).
De même, alors que la fintech vise à automatiser les services financiers et à rationaliser les processus, la fintech verte en Inde se concentre sur la réduction des émissions et la promotion de la biodiversité. Cette nouvelle orientation vise à tirer parti de la technologie pour favoriser la durabilité environnementale et créer une planète en meilleure santé.
Rôle des fintechs dans la finance verte
L’innovation technologique est devenue un élément important pour encourager un développement écologique et durable. Alors que la fintech cherche à automatiser et à rationaliser les services financiers, la fintech verte vise à promouvoir la biodiversité et à réduire les émissions. Cette nouvelle cause est dédiée à l’utilisation de la technologie pour stimuler la durabilité et créer une planète plus saine.
« Les fintechs peuvent jouer un rôle facilitateur dans la collecte et l’analyse de données liées au climat », explique Gangopadhyay. « Les technologies émergentes comme l’intelligence artificielle, le big data, l’IoT et la chaîne de blocs peuvent aider à surveiller l’impact environnemental et économique des risques climatiques », ajoute-t-il.
Avec l’urgence croissante de solutions climatiques innovantes, la chaîne de blocs et l’intelligence artificielle se révèlent être des outils puissants pour transformer la finance verte, notamment parce que la transparence, la crédibilité et l’information traçable sont essentielles pour mesurer et suivre l’impact climatique.
Des produits financiers verts innovants, tels que les obligations vertes, les prêts verts et les actions vertes, sont développés chaque jour. La transparence et la granularité de ces produits ne peuvent montrer un impact environnemental positif que si les données sous-jacentes sont mesurables et vérifiables.
Gangopadhyay ajoute : « Bien que cela ne soit pas encore généralisé, nous devrions voir une utilisation accrue de solutions technologiques pour le suivi des actions, obligations et prêts verts au cours de la prochaine année. »
Types de finance verte
Alors que la finance verte continue de croître, de nombreux produits et sources verts sont à la disposition des entreprises et des consommateurs afin de réduire leur empreinte carbone.
- Obligations vertes : Les obligations vertes sont des instruments financiers à revenu fixe, comme les obligations ordinaires, qui servent exclusivement à financer des projets ayant des retombées environnementales et/ou climatiques positives, comme les énergies renouvelables et les bâtiments écologiques. Le marché des obligations vertes connaît une croissance rapide. Récemment, l’Union européenne a émis environ 14 milliards de dollars en obligations, dont les fonds recueillis soutiendront des projets, dont une plateforme de recherche sur la transition énergétique en Belgique et des centrales éoliennes en Lituanie.
- Actions vertes : Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les sources d’énergie renouvelable dépasseront le charbon pour devenir la première source mondiale de production d’électricité d’ici le début de 2025. On s’intéresse beaucoup à investir dans les actions d’énergie verte car les actionnaires des principales actions d’énergie renouvelable à l’avant-garde de la transition hors des combustibles fossiles sont susceptibles d’en récolter les bénéfices puisque les gouvernements continuent de se concentrer sur les enjeux climatiques.
- Secteur renouvelable du capital-investissement : L’objectif du secteur renouvelable du capital-investissement est de trouver des investissements en énergie renouvelable attrayants qui offrent aux investisseurs des rendements ajustés au risque favorables tout en augmentant l’offre de base en énergie éolienne et solaire, biocarburants, biomasse et autres actifs réels liés à la durabilité.
- Fonds communs de placement verts : Les fonds communs de placement verts sont axés sur les entreprises et projets qui favorisent la durabilité, réduisent l’empreinte carbone et contribuent positivement à la société et à l’environnement. Il s’agit d’un véhicule d’investissement qui regroupe l’argent de plusieurs investisseurs pour investir dans un portefeuille diversifié d’actifs écologiques et socialement responsables. Les fonds sectoriels verts investissent principalement dans certains secteurs comme les énergies renouvelables, les technologies propres, l’agriculture durable, les transports verts et d’autres domaines qui contribuent à un avenir durable.
- Banques vertes : Selon une étude, le nombre de banques vertes aux États-Unis est passé d’une à 20 entre 2011 et 2020, avec des investissements de 7 milliards de dollars dans les énergies renouvelables. Les banques vertes utilisent des fonds publics pour stimuler les investissements privés dans les énergies renouvelables et d’autres initiatives respectueuses de l’environnement, tout en fonctionnant comme des banques traditionnelles.
- Fonds d’investissement socialement responsable (ISR) : Les fonds ISR ciblent les entreprises qui respectent des pratiques commerciales éthiques et démontrent un engagement envers le développement communautaire. Ces fonds excluent les investissements dans des industries considérées comme nocives pour la société, comme le tabac, les armes à feu et les combustibles fossiles.
En résumé, l’urgence croissante des solutions climatiques entraînera de nombreuses autres innovations en finance verte et en technologies climatiques dans les années à venir. La technologie et la finance verte devraient jouer ensemble un rôle de plus en plus important dans la mise en œuvre efficace de solutions climatiques, afin d’aider les organisations à atteindre plus rapidement leurs objectifs climatiques.



