La technologie est au cœur de la transformation de chaque secteur, mais la gestion des talents qui accompagne cette transformation se trouve à un carrefour. En entrant dans l’avenir, l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans le domaine de la gestion des talents est devenue centrale, redéfinissant les paradigmes traditionnels et inaugurant une nouvelle ère d’acquisition et de développement de talents axés sur les compétences.
Pour explorer la dynamique de ce paysage transformateur, l’équipe HCLTech Tendances et Perspectives a rencontré Quinny Lei, directrice des Solutions TI commerciales, qui a partagé ses réflexions sur l’avenir des talents basés sur les compétences et l’influence profonde de l’IA dans ce parcours. Lei est une dirigeante d’une entreprise technologique multinationale qui est la superapplication la plus importante d’Asie du Sud-Est, offrant une suite de services comprenant livraisons, mobilité et services financiers.
La métamorphose de la gestion des talents par l’IA
Actuellement, l’avant-garde de la révolution technologique repose sur des technologies émergentes comme l’IA, l’apprentissage automatique, l’automatisation et la robotique. Ces innovations alimentent des capacités comme les assistants intelligents et la reconnaissance d’image, accélérant la fabrication et améliorant la productivité humaine globale. Dans ce contexte, l’impact de l’IA sur la gestion des talents s’impose comme une force indéniable et transformatrice.
Lei commente : « L’IA a toujours été une force constante dans notre histoire et elle se trouve maintenant à une étape charnière de son évolution. Ce moment marque une avancée significative, car les capacités de l’IA continuent d’enrichir les vies. Le travail minutieux qui nécessitait autrefois l’intervention directe de la main-d’œuvre est progressivement accompli par l’IA générative. Avec cette base en place, une occasion s’ouvre pour les ressources humaines de perfectionner les compétences, de redéfinir les approches et d’insuffler une créativité sur mesure. »
L’IA a révolutionné la façon dont les organisations identifient, évaluent et développent les talents. Ses capacités prédictives aident à repérer les candidats potentiels avec plus d’exactitude et d’efficacité. Des recommandations d’emploi personnalisées à l’analyse des comportements pour l’adéquation culturelle, l’IA oriente les organisations vers un processus de recrutement plus rationalisé et basé sur les données.
Par exemple, les organisations passent des traditionnelles évaluations annuelles de la performance à des boucles de rétroaction continues soutenues par des analyses IA. Cette évaluation en temps réel garantit que les employés reçoivent des commentaires opportuns, favorisant le développement des compétences et permettant des ajustements agiles aux besoins organisationnels.
Redéfinir l’éducation pour une main-d’œuvre propulsée par l’IA
Alors que nous sommes à la croisée des chemins d’une ère propulsée par l’IA, le domaine de l’éducation fait face à divers défis, y compris les biais, les enjeux éthiques, les abus des systèmes d’IA et s’assurer que le rythme d’apprentissage suive l’évolution rapide de la technologie. « La question est : à quelle vitesse les humains peuvent-ils s’adapter à GenIA et l’arrimer à l’éducation, au programme et au système? Notre système traditionnel enseigne des matières comme les maths et l’histoire, mais est-il en train de nous préparer à un avenir dominé par l’IA? » demande Lei.
La prochaine génération pourrait se heurter à l’IA générative qui risque de prendre en charge de nombreux emplois, laissant aux nouveaux diplômés des postes de niveau stagiaire. « L’évolution rapide de l’IA pourrait dépasser le système d’éducation traditionnel. Pour y faire face, il faut remodeler l’éducation, exploiter le potentiel de l’IA générative pour cultiver les talents individuels au lieu de s’en remettre uniquement à la connaissance commune. L’objectif est de tirer parti de la capacité de l’IA générative à aider la nouvelle génération à bâtir ce talent en eux et à libérer le potentiel individuel », affirme Lei.
Façonner l’EDI par l’autonomisation des compétences
L’intégration de l’IA entraîne des changements remarquables en matière de diversité, d’équité et d’inclusion (EDI). Cultiver l’EDI revient à entretenir une riche tapisserie culturelle. En considérant le rôle de l’IA dans ce contexte, la question se pose : comment l’IA et les compétences humaines peuvent-elles se compléter?
Lei affirme que « l’IA aide à éliminer les préjugés inconscients en se concentrant sur les compétences et le potentiel plutôt que sur les marqueurs traditionnels. Ceci ouvre la porte à des talents sous-représentés, rendant la main-d’œuvre plus inclusive et diversifiée. En misant sur les forces de l’IA, les organisations peuvent discerner le potentiel individuel et élaborer des parcours de développement sur mesure qui dévoilent des talents inexploités. »
La gestion des talents basée sur les compétences atténue non seulement les biais, mais crée également des conditions plus équitables. « Imaginez une nouvelle recrue dont l’orientation de carrière est encore à définir. Grâce à l’exploration inter-départements et à l’analyse pertinente de l’IA, un portrait subtil de ses habiletés se dessine. Dès la pré-intégration, où l’IA détecte le potentiel latent, jusqu’aux plans de développement personnalisés pour les quatre-vingt-dix prochains jours. Le cycle ne suit pas simplement une échelle de carrière prédéterminée, il tourne autour du développement dynamique des compétences », fait remarquer Lei.
La narration passe du poste à l’exploration personnelle. Un programmeur pourrait découvrir une aptitude pour la gestion de projets grâce au développement continu, aidé par des perspectives générées par IA. Les évaluations de performance et la rétroaction constante deviennent des catalyseurs pour façonner les rôles. À mesure que les employés évoluent, les organisations évoluent avec eux, soutenant la mobilité interne et des évolutions de carrière fluides et agiles.
« Dans un avenir rapproché, la rétention des employés sera un défi majeur, et les organisations qui n’arrivent pas à arrimer compétences et aspirations pourraient avoir de la difficulté à libérer tout le potentiel de leurs équipes », poursuit Lei.
Le passage des fonctions à des compétences dynamiques
D’après un livre blanc collaboratif de HCLTech et Harvard Business Review sur l’avenir du travail, la vague technologique redéfinit l’écosystème de l’emploi. Au cours des dernières décennies, le secteur manufacturier a connu un recul de ses effectifs, tandis que les rôles axés sur les services ont augmenté, comme l’indique l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Par conséquent, on observe une hausse de 25% des emplois hautement qualifiés, mais il subsiste un manque de professionnels compétents pour combler ces postes.
Le paradigme de la gestion des talents s’oriente sans conteste du rôle traditionnel vers une approche axée sur les compétences. Les rôles sont limités à des tâches spécifiques alors que les ensembles de compétences transcendent ces frontières, englobant toute une gamme de compétences qui peuvent être développées au fil du temps. Lei remarque : « Cumuler de nombreux diplômes de maîtrise ou des doctorats n’équipe pas nécessairement une personne avec les compétences pratiques nécessaires pour exceller dans un emploi. L’embauche basée sur les compétences permet aux individus possédant les aptitudes pertinentes, indépendamment de leur formation formelle, de s’épanouir dans des rôles qu’ils maîtrisent vraiment. »
L’acquisition de talents axée sur les compétences dominera le marché de l’emploi de demain et accélérera la prochaine génération d’apprenants. Un changement majeur est requis dans l’éducation, passant d’un programme rigide à la promotion d’une culture d’apprentissage pratique et expérientielle. Cela implique des approches expérimentales, des simulations réelles et des travaux visant à cultiver les compétences individuelles plutôt que des évaluations standardisées basées sur les examens.
Génération Z : façonner l’avenir de la gestion des talents
L’arrivée de la génération Z sur le marché du travail présente des défis et des occasions uniques. Lei souligne que « la génération Z est entièrement numérique. Elle est audacieuse, n’hésite pas à remettre en question le statu quo et recherche constamment l’innovation. Cette dynamique complexifie la rétention dans les rôles traditionnels. Les maintenir engagés demande des expériences d’apprentissage continues, telles que des hackathons, des occasions à la pige et des perspectives de croissance transparentes – tirant parti de l’IA générative. »
Comprendre le comportement et la motivation des Z est essentiel à l’efficacité des stratégies de gestion des talents. Adapter les approches d’engagement selon leurs préférences optimise le recrutement et la rétention.
L’avenir de la gestion des talents subit une transformation majeure, alimentée par l’intégration de l’IA et des approches axées sur les compétences. Les idées partagées par Quinny Lei mettent en lumière le potentiel de l’IA à bouleverser les pratiques RH traditionnelles, favorisant l’inclusion, la diversité et l’agilité. À mesure que la main-d’œuvre évolue, il est essentiel d’adopter ces innovations technologiques pour demeurer compétitif et pertinent dans un contexte en changement rapide.



