83 % des CIO d’entreprise prévoient de rapatrier au moins certaines charges de travail en 2024, une hausse significative par rapport à 43 % à la fin de 2020.
(Source : Sondage Barclays CIO 2024)
Bien que cela puisse sembler être une tendance de niche, la repatriation du cloud gagne considérablement en popularité. On observe une augmentation marquée du nombre d’entreprises explorant la repatriation ces dernières années, surtout dans des secteurs comme la finance, la santé et la fabrication, où le contrôle des données et la conformité sont primordiaux. Des fournisseurs de premier plan tels que Dell, HPE et NetApp répondent à cette évolution en offrant de nouvelles solutions qui rendent la repatriation plus réalisable que jamais, procurant aux entreprises la flexibilité nécessaire pour ramener leurs charges de travail sur site.
Les entreprises ne rapatrient pas les charges de travail à partir du cloud parce qu’il est « mauvais » ou qu’il échoue – bien au contraire. Le cloud continue d’offrir de nombreux avantages précieux. Cependant, comme toute technologie, les services infonuagiques ont leurs limites et, à mesure que les organisations progressent dans leur parcours infonuagique, elles découvrent que certaines charges de travail conviennent mieux à des environnements sur site. Un facteur majeur à l’origine de ce changement est le coût du cloud. Bien que le cloud ait d’abord été présenté comme une solution économique, de nombreuses organisations constatent que leurs dépenses nuagiques dépassent les limites budgétées.
Everest Group a constaté que la plupart des entreprises gaspillent beaucoup d’argent dans les services nuagiques. En fait, 82 % des entreprises gaspillent au moins 10 % de leur budget cloud, 68 % en gaspillent plus de 20 % et 38 % en gaspillent plus de 30 %.
Le rapatriement des charges de travail à grand volume permet d’offrir une stabilité budgétaire, en permettant aux organisations de gérer des dépenses prévisibles à l’aide de leur propre infrastructure, sans factures surprises.
Une autre raison incitant les entreprises à rapatrier les charges de travail est la latence. Dans les secteurs où la rapidité est cruciale, comme la finance et la santé, la latence du cloud public peut représenter un obstacle critique. Par exemple, une société de courtage ne peut se permettre un délai lors d’une décision d’achat-vente rapide sur les marchés boursiers. De nombreuses organisations transfèrent des charges de travail sensibles à la latence sur site pour garantir des performances fiables et rapides. Par ailleurs, la confidentialité des données et les règlements de conformité ajoutent une couche de complexité à l’entreposage de données basé sur le cloud. Dans les industries fortement réglementées, les organisations font face à des exigences strictes en matière de gouvernance des données, rendant la conformité aux règlements tels que le RGPD et la HIPAA difficile lorsqu’on utilise le stockage cloud public. Le rapatriement des données sur une infrastructure sur site peut simplifier les efforts de conformité en offrant aux organisations un meilleur contrôle sur la façon dont les données sont stockées et accessibles.
Un renforcement de la supervision de la sécurité est aussi un facteur clé derrière la repatriation du cloud. Bien que les fournisseurs de cloud aient beaucoup progressé en matière de sécurité, certaines organisations se sentent plus à l’aise de gérer elles-mêmes leurs données, notamment lorsqu’elles sont très sensibles. Le rapatriement permet à ces organisations de mettre en œuvre et de personnaliser leurs protocoles de sécurité pour répondre à leurs besoins particuliers, procurant un degré de confort et de contrôle que certaines entreprises ne peuvent atteindre dans un environnement nuagique.
Les types de charges de travail que les entreprises ramènent sur site sont précis. Les charges à grand volume de données, par exemple, peuvent entraîner des frais de transfert de données coûteux dans le cloud. Les entreprises ramènent donc les applications à forte intensité de données sur site afin d’éviter ces frais. Les applications qui nécessitent un traitement en temps réel, comme celles des secteurs de la finance, de la santé et des télécommunications, bénéficient aussi de meilleures performances lorsqu’elles sont gardées à proximité des utilisateurs finaux sur site. De plus, les données hautement réglementées qui doivent être conformes à des normes telles que le RGPD ou la HIPAA sont plus faciles à gérer en interne, ce qui permet d’éviter les complexités de conformité associées au cloud.
Pour les entreprises souhaitant procéder à la repatriation du cloud, une approche structurée peut simplifier le processus. Premièrement, l’audit des charges de travail aide à déterminer lesquelles conviennent au rapatriement, sur la base de facteurs tels que le coût, la latence et la conformité. Ensuite, les entreprises devraient explorer les solutions sur site qui répondent à leurs besoins. Aujourd’hui, les solutions de Dell, HPE et NetApp offrent des capacités semblables à celles du cloud dans les centres de données grâce à l’infrastructure hyperconvergée (HCI) et aux centres de données définis par logiciel (SDDC), alliant les avantages des deux mondes. Une planification prudente du déplacement, y compris des migrations par étapes pour tester les performances des charges de travail, garantit une transition en douceur. Enfin, une fois rapatriées, la surveillance continue et l’optimisation contribuent à maintenir l’efficacité des opérations et à garder les coûts sous contrôle.
Toutefois, la repatriation du cloud comporte aussi ses défis. L’infrastructure sur site exige souvent un investissement initial important, contrairement au modèle à la carte du cloud. Pour les entreprises avec des charges de travail stables, cette dépense de départ est souvent rentable à long terme, mais elle représente un obstacle notable pour d’autres. La gestion d’une solution sur site requiert également des équipes TI compétentes et une planification soigneuse de l’évolution, puisqu’elle ne possède pas la souplesse instantanée du cloud. Faire évoluer une infrastructure sur site exige un matériel supplémentaire et de la planification, demandant ainsi de la prévoyance et un engagement en ressources.
Alors, la repatriation du cloud est-elle la bonne solution pour toutes les entreprises ? Pas nécessairement. Pour les organisations qui ont besoin d’un contrôle des coûts plus serré, d’une meilleure latence ou d’une conformité accrue des données, le rapatriement peut être une démarche stratégique. Le paysage TI actuel permet d’utiliser des modèles hybrides alliant cloud et sur site, permettant aux entreprises de profiter de la souplesse de l’infonuagique tout en conservant le contrôle offert par l’infrastructure sur site. Même si la tendance du rapatriement peut sembler contre-intuitive par rapport aux promesses initiales du cloud, il arrive que faire un pas en arrière permette aux organisations d’aller de l’avant.
L’avenir de l’infrastructure est de plus en plus hybride et, avec des options cloud, sur site et hybrides, chaque organisation peut trouver l’approche qui répond à ses besoins particuliers. Que la stratégie d’infrastructure d’une entreprise mise davantage sur le cloud, le sur site, ou une combinaison des deux, la capacité de concilier évolutivité, coût et contrôle permet à l’infrastructure de demeurer un atout souple et précieux dans un paysage technologique en constante évolution.
Références :
https://www.eetimes.eu/cloud-repatriation-on-the-rise-83-of-cios-plan-workload-shifts-in-2024/

