La Society of Automotive Engineers (SAE) a défini six niveaux d'automatisation des véhicules, allant de complètement manuel (niveau zéro) à complètement autonome (niveau cinq).
Les différents acteurs de l'industrie se trouvent à des étapes variées sur cette voie vers l'autonomie. Mais, selon Muthualagappan Sathappan – Chef mondial, Solutions autonomes et connectées chez HCLTech, la majorité se situe au troisième niveau d’automatisation conditionnelle. Ici, les véhicules disposent de capacités de détection de l'environnement et peuvent effectuer la plupart des tâches de conduite, bien que l'intervention humaine soit obligatoire.
« C'est l'état actuel de l'industrie des véhicules particuliers. Fait intéressant, l'industrie des véhicules commerciaux, qui est traditionnellement un cran derrière le segment des véhicules particuliers en ce qui concerne la technologie, est un cran en avance en ce qui concerne l’autonomie », explique Muthualagappan, s’exprimant lors de VECS 2023—l’événement qui met l’accent sur les services autonomes et connectés du secteur du transport.
« Cela s'explique par le fait que dans des segments comme le transport routier ou les véhicules miniers, les cas d’utilisation sont précisément définis, comme le transport de matériaux sur une autoroute ou dans des mines. Cela signifie qu’atteindre le niveau quatre plus rapidement sur l’échelle de l’autonomie est à la portée du segment des véhicules commerciaux », ajoute-t-il.
Pour le reste des véhicules particuliers, Muthualagappan prédit qu'une réalité entièrement autonome sera observée entre 2040 et 2050.
Défis de l’autonomie
Il existe plusieurs défis majeurs qui ont ralenti le déploiement de véhicules complètement autonomes jusqu’aux échéances prévues de 2040 et 2050.
Parmi les défis liés à l’écosystème, on peut citer les aspects technologiques, juridiques, politiques, ainsi que l'impact de la COVID-19.
Du point de vue technologique, l'industrie a du mal avec le déploiement de solutions de conduite autonome dans des conditions météo difficiles, telles que la neige, la pluie et la poussière. Ces aléas météorologiques perturbent les divers systèmes de capteurs nécessaires au fonctionnement d’un véhicule autonome.
Les capteurs et composants des systèmes avancés d’aide à la conduite peuvent aider, mais ils sont coûteux pour le volume actuel, car ils n’ont pas encore atteint une économie d’échelle leur permettant d’être produits en masse.
L’absence de données cartographiques en temps réel dans certains pays et la quantité importante de données à stocker, analyser et protéger constituent également un frein. « Il existe une menace imminente pour la cybersécurité des unités de commande électroniques », souligne Muthualagappan.
Les défis juridiques concernent la propriété. Avec les véhicules autonomes, la question de savoir qui est le propriétaire n'est pas encore tranchée. « Est-ce le conducteur ou le constructeur? Qui va payer l’assurance? Ce n’est pas encore clair », déclare Muthualagappan.
Du point de vue politique et économique, les pays en développement sont hésitants à déployer des véhicules entièrement autonomes. « Il existe une crainte de perte de revenus et d’emplois », poursuit-il.
L'impact de la COVID-19 a également freiné les ambitions d’autonomie. Selon Muthualagappan, « la pandémie a retardé la R-&-D et la production, ce qui, même s’il s’agit d’un impact à court terme, a retardé la route vers les véhicules totalement autonomes ».
Rendre les véhicules autonomes réalité
Un véhicule autonome est constitué d’un système avancé d’aide à la conduite, basé sur des capteurs comprenant la perception, la localisation et la planification de trajectoire. Il a également besoin de systèmes de contrôle pour la direction, le freinage et l’accélération.
Le développement de ces machines demande une collaboration importante au sein de l’écosystème automobile, lequel inclut les OEM, les fournisseurs de niveau 1 d’unités de commande électroniques, les fabricants de puces et les fabricants de capteurs, qui fournissent des équipements tels que le LIDAR et des caméras. Cet écosystème est ensuite soutenu par les opérateurs de réseau qui fournissent les services 4G et 5G ainsi que les hyperscalers ou fournisseurs infonuagiques.
Cet écosystème doit fonctionner de façon harmonieuse pour rendre les véhicules autonomes une réalité, tout en collaborant étroitement avec les organisations de réglementation et les instances gouvernementales, qui fournissent les règlements et toute l’infrastructure requise pour que l’écosystème fonctionne.
Investissements requis
Pour passer des niveaux actuels d’automatisation des véhicules à l’étape suivante (niveau quatre – automatisation élevée), l’écosystème automobile doit prioriser certains investissements.
« Les OEM investissent dans la définition de nouvelles exigences produit, qui sont fondées sur l’architecture, ainsi que dans la conception et le développement logiciel à l’interne », explique Muthualagappan.
Il ajoute : « Les fournisseurs investissent dans le développement complet de l’unité de commande électronique, que nous appelons le système avancé d’aide à la conduite [ADAS], tandis que les fabricants de puces se tournent également vers les puces de technologie multi-cœur, nécessaires pour supporter la plus récente architecture des véhicules à définition logicielle. Ces fabricants investissent aussi massivement dans la technologie à faible consommation et du matériel intégrant l’intelligence artificielle. »
Les fabricants de capteurs cherchent également à améliorer la résolution des caméras à l’extérieur des véhicules et à renforcer la capacité de nuage de points dans les systèmes LIDAR.
En outre, les hyperscalers augmentent leur capacité et leur stockage afin de répondre aux exigences des OEM et des fournisseurs, tandis que les organismes de réglementation élaborent constamment de nouvelles lignes directrices pour encadrer les cas d’utilisation autonome, comme la National Highway Traffic Safety administration (NHTSA) aux États-Unis, qui a lancé la feuille de route Automated Vehicle Transparency and Engagement for Safe Testing en 2020.
Les instances gouvernementales créent une infrastructure intelligente destinée aux joueurs de l’écosystème pour atteindre leurs objectifs.
Rouler vers un avenir autonome avec HCLTech
« HCLTech occupe une position unique pour soutenir un avenir entièrement autonome. Nous sommes une société mondiale de services couvrant de la puce à l’infonuagique pour répondre aux besoins de nos clients. Nous sommes reconnus comme l’une des principales organisations de services d’ingénierie de produits dans le monde, travaillant avec différents partenaires de l’écosystème, des OEM jusqu’aux fabricants de puces électroniques et aux hyperscalers, dans le but d’accélérer leur mise en marché grâce à nos solutions d’accélérateur de services », explique Muthualagappan.


