Restez curieux, soyez critique, priorisez et pratiquez le leadership moderne – quatre outils pour exceller dans l’avenir incertain

Faites preuve de curiosité, favorisez la pensée critique, établissez des priorités efficacement et exercez un leadership moderne pour prospérer dans un avenir incertain.
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Gavin Westwood

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Gavin Westwood
Vice-président principal, HCLTech, Europe
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Finnois

Restez curieux

« Bien que le changement en soi ne soit pas fondamentalement mauvais, le manque d’information et de modèles sur lesquels s’appuyer pour naviguer dans un état d’incertitude peut poser problème », selon la neuroscientifique cognitive Katri Saarikivi. Photo : Markku Pihlaja

Le changement est une constante dans notre environnement. Prédire l’avenir n’a jamais été aussi difficile qu’aujourd’hui. L’ampleur des problèmes auxquels l’humanité fait face peut sembler insurmontable. Mais nous n’avons pas d’autre choix que de naviguer dans ces eaux incertaines du mieux que nous le pouvons. 

Tenue lors d’une lumineuse journée d’hiver au stade du HJK, la Bolt Arena, l’Aréna du futur HCLTech Finlande proposait d’aborder l’avenir sous trois angles : celui de la neuroscientifique Katri Saarikivi, du hacker éthique Benjamin Särkkä, et du PDG du club de football HJK Aki Riihilahti ainsi que de l’adjointe au capitaine, défenseure Mimmi Nurmela. Ils ont offert aux participants leurs meilleurs conseils pour naviguer et réussir dans cet avenir incertain. 

L’incertitude active la peur et l’anxiété – la solution consiste à adopter la critique et la curiosité 

Bien que le changement en soi ne soit pas fondamentalement mauvais, le manque d’information et de modèles sur lesquels s’appuyer pour naviguer dans un état d’incertitude peut poser problème. L’incertitude face à l’avenir active alors dans le cerveau des zones liées au sens, à l’anxiété et à la peur – des états que la plupart des gens souhaitent éviter. 

Pourquoi donc l’incertitude nous stresse-t-elle ? Selon la neuroscientifique Katri Saarikivi, tout dépend du lieu du contrôle – si vous contrôlez ou si le contrôle est extérieur à vous. « Lorsque le contrôle est extérieur, nous stressons. À tel point que personne ne panique lorsque les choses se déroulent comme prévu. Même si le plan est terrifiant », plaisante Saarikivi, citant le personnage fictif du Joker dans le film de Christopher Nolan, The Dark Knight. En résumé : si nous avons l’impression de ne pas avoir de contrôle sur un facteur spécifique qui nous affecte, cela engendre du stress. 

Lorsque nous sommes trop stressés, nous avons recours à la pensée réflexive alors que la voie rationnelle demande de réfléchir. La pensée réflexive permet d’examiner nos pensées et sentiments pour trouver une solution à travers eux ; la pensée réfléchie comprend une pause et l’analyse de la décision à prendre. 

Selon Saarikivi, la rationalité est en réalité assez récente dans l’histoire de l’humanité. Les biais demeurent largement présents dans la pensée humaine. Ils se manifestent, par exemple, à travers le biais de confirmation – la tendance à interpréter l’information de manière à confirmer ou soutenir ses croyances ou valeurs antérieures – ou l’effet de vérité illusoire – la tendance à croire une fausse information correcte après y avoir été exposé à répétition. En essence, cela signifie que l’information n’est pas neutre dans le cerveau humain. Elle se perçoit plutôt à travers le prisme des valeurs. Cela peut poser problème dans des situations de changement. 

Tout n’est pas perdu pour autant : nous pouvons bâtir notre résilience. La première stratégie consiste à accélérer notre apprentissage, c’est-à-dire à répondre au changement. Nous pouvons apprendre à créer de nouveaux modèles mentaux ou à en mettre à jour en fonction de nouvelles informations.

La seconde consiste à éliminer les obstacles à la rationalité : le stress, la pensée de groupe et le manque de critique. La pensée de groupe tend à nous rendre moins rationnels et provoque une baisse de l’intelligence ; le stress affecte notre manière de traiter l’information ; la critique nous pousse à vérifier que l’information que nous considérons comme vraie l’est réellement.

Si nous valorisons la pensée rationnelle, nous devons être critiques envers nos croyances. Avec ces outils, nous serons mieux placés dans un avenir incertain.

Le futur de la cybersécurité – lorsqu’on ne peut pas tout avoir, quels choix faut-il faire ? 

Autrefois, les failles de cybersécurité étaient l’affaire de quelques-uns s’en prenant à la masse, souvent sans intention franchement malveillante – juste parce qu’ils le pouvaient ou pour se divertir. Ce n’est plus le cas, rappelle  Benjamin Särkkä, directeur en cyberintelligence chez Loihde Trust et hacker éthique. 

Les violations de données et les attaques cybersécuritaires sont désormais si courantes que Robert Muller, un ancien directeur du FBI, a déclaréJe suis convaincu qu’il n’existe que deux types d’entreprises : celles ayant déjà été piratées et celles qui le seront. Et même elles tendent à se regrouper : des entreprises qui ont été piratées et seront à nouveau piratées. »

La vérité, c’est que tous les incidents sont d’origine humaine, qu’il s’agisse de négligence, de compromis accidentel ou d’acteurs malveillants. C’est un facteur dont on ne peut se débarrasser. 

Comment alors contrer ces menaces dans un avenir incertain ? Selon Särkkä, l’intelligence sur les menaces, soit l’information fondée sur des preuves concernant les cyberattaques que les experts en cybersécurité organisent et analysent, constitue deux des trois attributs suivants : Actionnable, en temps voulu, et fiable. 

Malheureusement, aucun système ne peut fournir ces trois qualités en même temps. Il faut faire des compromis et établir des priorités. Särkkä recommande le modèle de menaces à 5 questions de l’Electronic Frontier Foundation pour se poser les bonnes questions et accroître les capacités de l’organisation :

  1. Que voulez-vous protéger ?
  2. De qui voulez-vous le protéger ?
  3. Quelle est la probabilité que vous deviez le protéger ?
  4. Quelles seraient les conséquences si vous échouiez ?
  5. À quels efforts êtes-vous prêt à consentir pour éviter cela ?

Viser l’excellence future : miser sur les forces

Au début des années 2000, le Helsinki Football Club, HJK, n’était pas là où il désirait être. Les résultats étaient peu reluisants, sur le terrain comme en dehors, et le club connaissait dix ans de difficultés économiques. Pour changer de cap, HJK s’est fixé pour objectif de devenir le principal club de football nordique. 

« À nos yeux, atteindre l’excellence repose sur des choix. Nous avons choisi de nous en tenir à l’essentiel et d’investir dans nos points forts. Mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit toujours d’un jeu de longue haleine. Si vous choisissez la voie rapide, vous risquez de compromettre l’excellence et de perdre votre avantage comparatif. Le secret pour tirer son épingle du jeu, c’est de miser sur les forces de votre équipe », a déclaré Aki Riihilahti, PDG du HJK. 

HJK a décidé d’aller chercher de l’inspiration en dehors de son secteur et de ne pas se comparer aux autres clubs de football. « Nous voulions être plus qu’un simple club. Heureusement, le football est un milieu conservateur, alors il était assez facile de se démarquer », affirme Riihilahti. 

Une étape concrète dans l’ouverture hors du sport fut l’intégration de services liés à la santé et au mieux-être au travail. Si l’idée est inventive, la stratégie n’était pas un coup de dé. « Nous basons tout sur la donnée », insiste Riihilahti. La voie moins empruntée a rapporté. Il poursuit : « Aujourd’hui, nous sommes le seul club en Europe à dégager des profits – avec un fort taux de marge. » 

Attirer et retenir le talent au sein des équipes s’apparente à ce qu’on observe dans toute entreprise, selon Aki Riihilahti.

« Notre expérience, c’est que les talents n’ont pas besoin du plus gros chèque de paie, mais ils doivent se sentir importants. Ce dont le talent a besoin, c’est d’un défi à relever et de personnes pour l’aider à progresser et à se sentir important. »  

Soutenir l’excellence de demain par le leadership moderne 

Poursuivant dans cette optique, l’autre volet de l’équation consiste à investir dans les joueurs. Comme l’a expliqué l’adjointe au capitaine de l’équipe féminine du HJK et défenseure Mimmi Nurmela : « Un club n’est rien sans une équipe soudée. » 

Pour cela, il faut pouvoir s’appuyer sur un leadership moderne – une philosophie à laquelle Nurmela s’identifie. « Il faut s’engager pour un objectif commun, des valeurs partagées, la bonne mentalité au travail, l’honnêteté, la joie et l’ouverture. Nous communiquons nos objectifs et notre stratégie en équipe et échangeons sur qui nous voulons être. Il faut sans cesse redoubler d’efforts et s’améliorer. » 

Un bon leader sait aborder les sujets difficiles, mais tout commence par la confiance. 

« Dans toute équipe, il y aura des conflits et il faut les affronter pour évoluer. Tout part de la confiance. Lorsqu’il s’agit de faire une critique, le message devrait être Je crois en toi, je sais que tu peux faire mieux, alors arrangeons ça. », affirme Nurmela.

Pour elle, le leadership moderne signifie diriger de façon humaine, signifiante, exigeante, soutenante et dialogique. « Nous voulons tous faire partie de quelque chose. Le devoir du leader, c’est de donner un sens à chacun. Cela passe par des échanges individuels, offrir du soutien mais également exprimer des attentes et trouver le bon équilibre. Parfois il faut se montrer exigeant pour obtenir des résultats, mais il faut trouver l’équilibre avec des encouragements. » 

Un leader moderne peut échouer, et c’est correct. 

« Il est important de se rappeler qu’à titre de leader, on ne peut pas être parfait. On peut avoir des émotions aussi. Si vous ne faites pas d’erreurs, c’est que vous n’essayez pas assez fort. »

Gérer l’incertitude, c’est miser sur l’agilité face aux changements

Gérer le changement dans un avenir incertain peut ressembler à une mission impossible. 

« Il est essentiel d’adopter une approche pragmatique, efficace et agile pour bâtir la résilience des entreprises dans un avenir inégalé de volatilité », affirme Deepak Arora, chef des pays nordiques, services financiers chez HCLTech.

En s’inspirant des leçons tirées de l’Aréna du futur HCLTech, les entreprises qui réussiront devront promouvoir l’apprentissage, laisser place à la pensée critique, faire des choix stratégiques et éclairés dans l’univers incertain de la cybersécurité, miser sur leurs forces et opter pour un leadership moderne. 

« Nous sommes heureux de constater qu’en prenant du recul, nous sommes déjà sur la bonne voie à HCLTech pour bon nombre de ces recommandations et nous travaillons avec nos clients pour qu’eux aussi disposent des outils nécessaires pour réussir aujourd’hui et demain », conclut Gavin Westwood, vice-président principal chez HCLTech. 

Deepak Arora

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Deepak Arora
Responsable des pays nordiques, Services financiers, HCLTech
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