Bien que les domaines des STIM (science, technologie, ingénierie et mathématiques) aient traditionnellement été considérés comme dominés par les hommes, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Au cours des dernières années, il est devenu évident qu'une plus grande représentation des femmes et d'autres groupes minoritaires est essentielle – non seulement pour occuper les postes nécessaires dans ces industries, mais aussi pour apporter de nouvelles perspectives et expériences.
Histoire des femmes dans les STIM
Les femmes ont longtemps fait des progrès dans l'industrie des STIM, malheureusement avec moins de reconnaissance. Elles ont été majoritairement exclues des domaines des STIM pendant des siècles en raison de barrières sociales, mais il y a eu quelques exceptions, telles que Marie Curie, pionnière dans l'industrie. Selon la Fondation Nobel, au début des années 1900, elle était professeure de physique générale à l'Université de la Sorbonne à Paris. Elle a été la première femme à occuper ce poste, à obtenir son doctorat en sciences en 1903 et à recevoir deux prix Nobel.
Cependant, Curie était une exception. Du milieu à la fin des années 1900, les femmes ont enfin commencé à entrer dans ces domaines, mais faisaient toujours face à la discrimination et à des possibilités limitées.
Pendant les années 1970, les femmes constituaient seulement 38 % de la population active et représentaient seulement 8 % des travailleuses et travailleurs des STIM, selon le US Census Bureau. Depuis, ces chiffres ont augmenté et, en 2019, les femmes représentaient 37 % de l'industrie des STIM. C'est un domaine qui nécessite une attention et des améliorations continues.
« Je suis heureuse que le nombre de femmes continue d'augmenter, mais le rythme demeure très lent », a déclaré la Dre Denise Kinsey, facilitatrice de programme technique en cybersécurité à la Southern New Hampshire University (SNHU). « Cela peut être intimidant d'envisager un nouveau domaine, surtout lorsque personne dans votre entourage n'en fait partie et qu'il y a peu de représentantes qui vous ressemblent. »
Bien que des efforts aient été faits pour inclure davantage de femmes dans l'industrie, pour créer des espaces sûrs pour elles et les traiter en égales au sein de leur travail, il reste toujours un écart entre les genres à combler.
« Nous avons fait des progrès vers des normes plus inclusives et accueillantes par rapport aux minorités sous-représentées dans les STIM, mais des stéréotypes discriminatoires liés au genre existent toujours », a déclaré la Dre Anat Eshed, vice-présidente adjointe à la stratégie, à l’architecture et à la performance à la SNHU. « Je crois que ce n’est qu’en responsabilisant et en célébrant la brillante contribution des minorités, comme les femmes dans les STIM, que nous pourrons lentement changer l’image selon laquelle ‘les STIM, c’est pour les hommes’. »
Qu’est-ce que l’écart entre les genres dans les STIM ?
L’écart entre les genres dans les STIM représente la différence de représentation entre les hommes et les femmes dans le marché du travail. Il commence souvent bien avant l’entrée dans le domaine : il commence habituellement en classe.
La Dre Rebecca Baker, vice-présidente de la conception des produits et de la recherche à la SNHU, a commencé sa formation en STIM en physique et affirme que le début était intimidant.
« Souvent, j’étais la seule femme dans les classes ou les réunions, et il était parfois difficile de faire entendre ma voix », a-t-elle raconté.
Selon l’American Association of University Women (AAUW), au niveau collégial, seulement 21 % des étudiants inscrits dans des programmes d’ingénierie sont des femmes. Il y a une représentation encore plus faible des femmes dans les programmes d’informatique, avec seulement 19 %.
L’écart entre les genres demeure dans le milieu de travail, étant donné que les femmes sont souvent payées beaucoup moins que les hommes pour un même poste. Par exemple, selon le Pew Research Center, en 2019, les femmes occupant un emploi dans les STIM touchaient un revenu médian d’environ 66 000 $, soit environ 74 % du salaire des hommes, qui s’établissait à près de 90 000 $. De plus, les femmes racisées gagnent encore moins, avec un salaire annuel médian d’environ 61 000 $.
L’absence de représentations féminines dans ces programmes et ces milieux peut décourager les jeunes filles de s’y engager. Ce qui accentue encore plus l’écart entre les genres.
« Nous avons besoin d’une meilleure représentation des femmes dans les STIM pour garantir que ces domaines progressent avec une perspective suffisamment diversifiée, remettent en question les normes et fassent de nouvelles découvertes », a ajouté Kinsey.
La présence accrue des femmes dans l’industrie, bien représentées, écoutées et prises au sérieux, est essentielle pour réduire rapidement l’écart et créer une culture plus inclusive et solidaire dans ces domaines.
« J’éprouve une grande fierté à entrer dans une salle et à voir une autre femme chef de file ouvrir la voie vers l’égalité des genres », a déclaré la Dre Albanie Bolton, professeure auxiliaire dans les programmes d’informatique et de technologies de l’information à la SNHU. « L’importance dépasse le quotidien et rejaillit sur ce que nous souhaitons que nos enfants ou petits-enfants voient dans leur avenir. Encourager les jeunes filles dès leur jeune âge constitue la base pour favoriser une carrière dans les STIM. »
Pourquoi les femmes sont-elles importantes dans les STIM ?
Alors que la technologie évolue chaque année, il est de plus en plus nécessaire de bâtir une communauté diversifiée et inclusive pour suivre la trajectoire de l’industrie.
« Nous devons nous rappeler que l’égalité des genres dans les STIM ouvre la porte à de nouvelles perspectives, au-delà de celle des hommes », a affirmé Bolton. « De plus, il est impératif de voir des femmes dans les STIM, car c’est essentiel pour l’avenir de l’innovation. Puisque de nombreux emplois et inventions sont conçus pour les hommes, la présence des femmes est nécessaire afin de veiller à ce que tous les besoins de la société soient représentés. »
Une main-d’œuvre plus diversifiée apporte de nouvelles idées novatrices. De plus, la présence de femmes dans les STIM ouvre des occasions pour différentes perspectives et approches, que ce soit pour la création ou la résolution de problèmes actuels.
Les STIM couvrent divers domaines qui, d’une manière ou d’une autre, touchent directement la vie des gens, et le fait d’avoir des personnes issues de tous les horizons permet d’enrichir le bassin de talents et de répondre à la demande dans une filière essentielle et en pleine croissance.
« Les STIM touchent à tellement d’aspects de nos vies, et j’irais même jusqu’à dire que mes domaines des TI et de la cybersécurité touchent absolument tout », a précisé Kinsey. « Pour réussir, il nous faut voir le monde et les problèmes selon différentes perspectives, afin que, lorsque nous formons des solutions, nous ayons pris en compte leurs répercussions et que nous nous soyons assurés d’avoir réellement résolu le problème au lieu de simplement ‘faire quelque chose’. L’absence de voix nécessaires au processus de solution peut en fait empirer la situation pour certains de ces groupes de population. »
En plus de ces idées, l’augmentation du nombre d’emplois en informatique et en ingénierie devrait dépasser de façon exponentielle celle des autres secteurs ; il est donc aussi important d’accroître la présence des femmes en STIM d’un point de vue économique et social, ajoute Eshed.
« D’un point de vue économique, il y a plus de postes en STIM que d’hommes pour les occuper, alors nous avons besoin des femmes dans les STIM », a-t-elle affirmé. « Sur le plan social, les emplois en STIM riment avec indépendance financière, ce qui est un puissant levier pour donner aux femmes la capacité durable d’avoir la liberté de prendre des décisions concernant leur vie personnelle. »
La présence et la participation des femmes dans le domaine des STIM sont essentielles au progrès dans l’industrie, et, bien qu’il y ait eu des avancées depuis l’époque où Marie Curie ouvrait de nouvelles avenues, il reste encore beaucoup à faire.
« L’innovation émane des perspectives, et si l’on exclut les femmes des STIM, on rate de précieuses occasions de faire avancer la découverte », affirme Eshed.
Alexa Gustavsen ’21 est rédactrice à la Southern New Hampshire University. Communiquez avec elle sur LinkedIn.
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