Instaurer la confiance dans l’IA pour assurer son adoption généralisée

Dans cette séance de questions-réponses, Ashish K. Gupta, chef de la croissance pour l’Europe et l’Afrique chez HCLTech, parle des balises nécessaires pour assurer l’utilisation responsable de l’IA
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Nicholas Ismail
Nicholas Ismail
Global Head of Brand Journalism, HCLTech
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Renforcer la confiance dans l’IA pour en assurer l’adoption généralisée

Le thème central de la réunion annuelle du Forum économique mondial de 2024 était « Reconstruire la confiance ».

La confiance est un élément essentiel pour l'acceptation ou l'adoption de technologies de plus en plus omniprésentes, telles que l’intelligence artificielle (IA), tant dans les affaires que dans la société en général.

Récemment, avec l’augmentation des cyberattaques, des conflits géopolitiques, de la dépendance aux systèmes numériques et de l’intégration de technologies nouvelles et complexes, la confiance est souvent remise en question.

Dans cette séance de questions-réponses, Ashish K. Gupta, chef de la croissance pour l’Europe et l’Afrique chez HCLTech, discute du potentiel de l’IA, de la manière de s’assurer que son adoption est inclusive pour servir de force positive, et de l’importance de bâtir la confiance pour favoriser son adoption à grande échelle.

À l’approche de la fin de 2024 et au-delà, quel impact prévoyez-vous que l’IA aura sur les industries et les pratiques de travail traditionnelles ?

Cette année est entièrement dédiée à l’IA, avec une attention particulière sur l’IA générative (GenIA).

Dans le contexte B2C, l’IA ou même la GenIA existe depuis un certain temps. Siri d’Apple ou Gmail de Google avec la fonction de saisie automatique en sont des exemples. Au cours des 12 à 24 prochains mois, les consommateurs verront une augmentation des produits GenIA, ce qui accélérera leur adoption.

Côté B2B, l’industrie de l’IA est coupable de surestimer l’IA générative. Plusieurs domaines, à court terme, connaîtront un impact significatif, comme l’ingénierie logicielle, la productivité des développeurs, le soutien à la clientèle, la génération de contenu, et même les ventes et le marketing, où les équipes peuvent entraîner de grands modèles linguistiques (LLM) à rédiger des sections de demandes de propositions (DP).

Le potentiel pour tous les autres domaines est énorme, mais tous ces cas d’utilisation en sont au stade de preuve de concept. La route vers l’adoption est beaucoup plus longue dans l’environnement B2B.

La GenIA va être transformatrice et l’engouement autour d’elle peut être comparé à celui observé lors de l’explosion de la bulle Internet. À l’époque, seules les entreprises qui allaient au-delà de la mode passagère et restaient engagées ont pu profiter d’Internet. Il en ira de même pour la GenIA, bien que sur des échéanciers et dans des contextes différents.

Comment les organisations peuvent-elles s’assurer que l’innovation basée sur l’IA soit adoptée de façon inclusive et comme une force positive ?

C’est le cœur du débat avec l’IA—comment s’assurer que l’IA sert de force positive et non de potentiel perturbateur qui pourrait causer de grands bouleversements ?

Avant tout, la responsabilité incombe à l’industrie technologique.

Dans l’environnement actuel, un faible pourcentage de l’investissement total dans le développement de l’IA est consacré à l’alignement, qui vise à garantir que les IA entraînées sur les LLM sont sécuritaires dans différents environnements. Plus d’argent est investi dans l’entraînement de ces modèles.

L’équilibre n’est pas atteint et l’industrie technologique, ou les personnes produisant ces technologies, doivent miser davantage sur l’alignement afin de rendre ces modèles intrinsèquement plus sûrs et sans biais.

La deuxième responsabilité incombe aux organisations ou industries qui adopteront cette technologie. Qu’il s’agisse d’utilisateurs internes ou externes, les organisations doivent mettre en place des garde-fous, réfléchir soigneusement aux résultats de l’adoption de la technologie et s’assurer que — particulièrement avec les modèles d’IA — ils soient formés sur les bons ensembles de données, sans biais et favorisant l’inclusion des différentes démographies.

De plus, les organisations pourraient créer des comités d’éthique pour évaluer la formation et les résultats des modèles d’IA et déterminer ce qui est acceptable ou non.

Enfin, les régulateurs et les gouvernements ont un rôle primordial à jouer dans l’utilisation et l’adoption de cette technologie. Ils doivent prendre leurs responsabilités et établir des lignes directrices claires à adopter par chaque industrie.  

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Lorsqu’il s’agit de ces types de technologies « omniprésentes », pourquoi la confiance est-elle si importante ? Comment bâtir ou rebâtir la confiance ?

La confiance est très difficile à bâtir, peut se perdre en une seconde, et nécessite encore plus de temps et d’efforts pour la rebâtir.

Comme dans l’industrie de la mode, la technologie a vu défiler vague après vague de tendances, dont beaucoup n’ont pas atteint ou créé l’impact promis. Notre travail consiste à nous assurer de tenir nos promesses quant à l’impact sur les affaires des tendances technologiques émergentes. Cela aidera à bâtir ou à rebâtir la confiance.

Lors de l’utilisation de technologies comme l’IA, les cas d’utilisation présentent souvent des risques accrus lorsqu’on traite les données des personnes ou les solutions qui prennent automatiquement des décisions pour des services comme les polices d’assurance ou les hypothèques. Il est important d’y accorder une attention particulière et de s’assurer que toute décision prise soit transparente et expliquée. Cela, en plus du fait de s’assurer que les humains demeurent dans la boucle, est essentiel pour maintenir la confiance.

Enfin, il faut multiplier les expérimentations avant le déploiement des cas d’utilisation d’IA à haut risque.

En regardant vers l’avenir, êtes-vous optimiste quant au rôle positif que l’IA jouera dans les affaires et la société ?

Absolument. Si elle est appliquée correctement, cette technologie peut amplifier les retombées et les efforts humains. Bien qu’on entende beaucoup parler de ChatGPT, des entreprises comme Google DeepMind utilisent l’IA pour détecter différents types de cancers et aider les médecins à prévenir et à traiter les maladies. Les cas d’utilisation en santé sont impressionnants et illustrent bien le pouvoir de cette technologie à faire le bien dans la société.

Nous ne devons pas perdre de vue qu’avec cette technologie puissante vient une énorme responsabilité pour chacun de nous. Nous devons prendre cette responsabilité au sérieux.

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