Dans la poursuite de l’atteinte des objectifs de durabilité, les organisations adoptent de plus en plus trois principales stratégies : l’ingénierie durable et la conception de produits, l’économie circulaire (ÉC) et l’adoption de technologies propres.
Dans un récent balado Tendances et perspectives de HCLTech, Amit L Patkar, vice-président, secteur manufacturier chez HCLTech, a partagé des réflexions approfondies sur ce sujet.
La discussion a abordé le rôle crucial de l’ingénierie durable des produits dans l’ÉC tout en mettant l’accent sur l’importance de la pensée systémique, de la normalisation et de la collaboration entre les parties prenantes.
Qu’est-ce que la technologie propre?
La technologie propre — selon Patkar — est un terme générique qui inclut une vaste gamme de technologies dans un écosystème utilisées de façon durable afin de réduire l’empreinte environnementale et d’atteindre les objectifs de durabilité.
Par exemple, fabriquer un produit en utilisant la bonne technologie, la bonne matière première, un mode d’approvisionnement et de production durable tout en tenant compte de l’impact du produit pendant sa durée de vie et après sa mise hors service.
Ingénierie durable ou méthodologies vertes est une façon différenciée de créer solutions écologiques pour une gestion efficace de l’énergie et de l’eau, du stockage de données et de l’infrastructure d’usine. Ces nouvelles solutions, jumelées aux pratiques ÉC, redéfinissent le développement de nouveaux produits, la fabrication, la gestion de la chaîne d’approvisionnement et la réduction des émissions globales.
« On note un virage marqué ces derniers temps vers l’utilisation d’énergies propres et de matières premières recyclables et d’origine locale. Cela réduit le coût des expéditions longues distances, de la logistique et des émissions de CO₂. Les contributions séquentielles aident à catalyser ce pas vers une industrie plus circulaire, la fabrication circulaire et l’économie circulaire », explique Patkar.
Pour soutenir ces gestes verts, il est important de inciter les pratiques ÉC. Ces actions comprennent notamment l’intégration des technologies propres à la fabrication afin de suivre, retracer et réduire l’empreinte carbone. Cela favorisera une consommation durable et la conception de produits plus fiables.
La collaboration — un catalyseur
Simultanément, la collaboration avec les bonnes parties prenantes aide les organisations à réduire les déchets et les émissions, compenser le carbone, investir dans la restauration de la planète, diminuer les coûts et stimuler la croissance.
« La collaboration est au cœur de l’ÉC et touche différentes parties d’un écosystème. Des manufacturiers aux concepteurs, des législateurs aux décideurs, des partenaires technologiques aux consommateurs — ils doivent travailler plus ensemble, car si l’un de ces axes de roue n’est pas bien orienté, la circularité elle-même chute considérablement », explique Patkar.
Malgré la priorité accordée à la maximisation de la production, les industries brisent aujourd’hui les pratiques linéaires et se tournent vers l’ÉC et des partenariats avec des experts.
Techniques d’ingénierie de produits durables mettent l’accent sur le besoin de la pensée systémique, favorisent l’efficacité des ressources et allongent la durée de vie des produits, normalisent les processus de fabrication, minimisent la perte de volume et optimisent les expéditions pour le transport.
La pensée systémique
La pensée systémique permet de simplifier la complexité des procédés traditionnels qui affectent la planète, en les abordant dans leur ensemble et dans leurs relations, plutôt que séparément.
« Aujourd’hui, de nombreux sous-ensembles sont regroupés dans un seul emballage, qui à son tour est regroupé sur une palette ou dans un grand conteneur. Nous devons aussi chercher à minimiser la perte de volume ou les pertes qui surviennent lors du transport parce que ces éléments ne sont pas emballés ou orientés de façon optimale », explique Patkar.
« Il faut aussi surveiller attentivement les entreprises de logistique — la façon dont elles orienteront les marchandises, maximiseront non seulement leur rentabilité, mais aussi minimiseront le recours aux combustibles fossiles. Alors la pensée systémique doit être au cœur de tout cela », ajoute-t-il.
Par exemple, des entreprises qui mettent en œuvre des pratiques d’ingénierie de produits durables, comme l’utilisation d’agents émulsifiants pour réduire le carbone dans les lubrifiants, réduisent leurs coûts, tout en favorisant leur croissance, diminuant les déchets et capturant de la valeur avec leurs produits et services.
Patkar explique : « Sur le marché européen, beaucoup de produits affichent une classe énergétique. Cela représente l’énergie totale utilisée pour la création et la consommation d’un produit. Cet élément influence non seulement les factures d’énergie des consommateurs, mais aussi la façon dont un produit est consommé et le rendement obtenu. »
Des consommateurs avisés
Bien que les entreprises soient aujourd’hui confrontées à des défis dans la transition vers les modèles ÉC, la sensibilisation et la demande croissantes auprès de la clientèle mondiale favorisent la nécessité de produits durables. Cela encourage l’adoption de produits verts et des façons durables de les créer.
« Si les consommateurs n’optent pas pour des produits durables, le marché n’existera pas. Au cours des 10 à 15 dernières années, beaucoup de changements ont eu lieu sur le marché européen et il y a un effort conscient pour adopter des modes de production durables. Ceci va continuer de s’étendre », affirme Patkar.
Il en va de même sur le marché américain. Les gens accordent de la valeur à ces processus et privilégient activement des produits durables, selon une étude de 2019 de la NYU Stern School of Business. Elle indique qu’entre 2013 et 2018, les biens de consommation emballés et étiquetés « durable » ont connu une croissance de 50 %.
« Aujourd’hui, les consommateurs souhaitent acheter des produits qui ont une meilleure cote ou classe énergétique. Les gens optent consciemment pour ceux qui sont plus durables et plus propres. C’est là que le rôle des décideurs politiques entre en jeu. Cela introduit la pensée systémique dans laquelle toutes les parties prenantes jouent leurs rôles en harmonie », ajoute-t-il.
Les bons partenaires
Les bons partenaires et parties prenantes soulignent la nécessité d’une approche globale qui tienne compte de l’impact environnemental, de la gouvernance et de la responsabilité sociale, tout en faisant la différence entre la nécessité fonctionnelle et les pratiques standards en ÉC.
À l’étape suivante, un partenaire en technologie et en ingénierie présente les concepts d’ingénierie durable des produits et leur application possible afin de faciliter la transition vers l’ÉC. Cela garantit que les produits sont conçus non seulement pour la longévité et la recyclabilité, mais aussi pour l’efficacité des ressources.
« L’ingénierie ou la conception de produits est capitale pour le développement de produits durables. Aujourd’hui, on assiste à un vaste passage du modèle traditionnel “du berceau au tombeau” au modèle “du berceau au berceau”. Cela représente l’introduction de la pratique ÉC où un produit obtient une seconde vie après sa mise à la retraite », soutient Patkar.
« L’ÉC est aussi étroitement liée à l’emballage. Le matériau utilisé est souvent éliminé par les clients. Donc, si l’on peut créer un système assurant que l’emballage est composé de matériaux plus durables, ou permettre la collecte des emballages afin de les réutiliser à l’identique avec de légères modifications, l’impact peut être significatif », ajoute-t-il.
Fait intéressant, plus de la moitié des consommateurs sensibles des États-Unis et du Royaume-Uni souhaitent que les détaillants en ligne utilisent moins d’emballage, rapporte Statista.
Alors que neuf verges cubes d’espace d’enfouissement sont économisées pour chaque tonne de carton recyclé, seulement 75 % de l’énergie sont nécessaires pour créer de nouveaux cartons à partir de boîtes retournées. Milk & More applique le même principe pour ses bouteilles au Royaume-Uni.
« L’incitatif a toujours stimulé la circularité. Cela crée un marché secondaire qui prend de l’élan avec l’introduction plus fréquente de produits ayant une seconde vie. De plus, les entreprises de logistique inversée appuient aussi la cause. Tout cela encourage la conception et la fabrication de tels produits », explique Patkar.
« L’intégration d’une offre locale de produits et de matières premières permet de diminuer massivement le volume des expéditions. L’empreinte carbone s’en trouve fortement réduite. Plusieurs fabricants utilisent de l’énergie renouvelable dans ce processus. Ainsi, on peut dire qu’un produit qui arrive ultimement sur le marché peut être qualifié de “produit vert”. »
Des pratiques comme l’utilisation de matériaux biodégradables dans la fabrication et l’emballage, le transport et la livraison écologiques, la déclaration transparente des émissions, l’adoption de bonnes technologies, la surveillance et la traçabilité, le passage à l’énergie verte dans les usines, l’autonomisation des clients et l’élimination des obstacles au recyclage permettent de créer une chaîne d’approvisionnement durable.
Le rôle d’un partenaire technologique
En ce qui a trait aux rôles d’un partenaire technologique, passer d’une approche linéaire à l’ÉC — incluant les installations et les chaînes d’approvisionnement qui mènent à des améliorations — reste un défi, mais c’est possible.
Patkar croit que cette amélioration se produit grâce à HCLTech, sans ou avec peu d’investissement en capital :
« Nous faisons cela, pas pour une industrie ou un produit en particulier, mais pour fournir à nos clients l’étiquette de “durabilité d’entreprise”. La technologie agit de l’atelier au conseil d’administration et de concert avec toutes les parties prenantes. L’ingénierie durable de produits ne consiste pas seulement à créer un produit vert, mais aussi à considérer son impact sur l’environnement.
« HCLTech possède un cadre éprouvé par l’industrie qui joue un rôle crucial dans la création de produits plus verts dès la conception. Nos pratiques d’ingénierie durable répondent aux différentes phases du cycle de vie du produit selon les principes de conception pour l’excellence. Celles-ci peuvent être personnalisées pour divers scénarios et règles de conception, telles que la conception pour la fabrication, la conception pour la durabilité, la conception pour la maintenabilité, la fabrication et les opérations durables, la chaîne d’approvisionnement, l’emballage, les plateformes numériques et l’usine connectée.
« La solution inclut la “verdure” attendue du produit dès l’étape de conception et oriente les équipes R&D et conception à intégrer cela dès les premières étapes, du concept à la commercialisation. Plusieurs règles de conception sont basées sur les principes 6R qui sont mis en œuvre pour s’assurer que le produit répond aux attentes environnementales et résiste à l’épreuve du temps tout au long de son cycle de vie. Cela redéfinit la technologie propre avec une pensée systémique dès le départ », conclut Patkar.
Avec la sensibilisation croissante à l’impact environnemental chez les consommateurs et la demande en hausse pour les produits verts, l’adoption de la technologie propre s’impose pour les entreprises. HCLTech — ayant mis en place des cadres, des services et des solutions en technologies propres — assiste à la transition de ses clients des processus linéaires traditionnels vers l’ÉC et entend accompagner encore plus d’entreprises dans leur parcours de durabilité.


