La Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques de 2023, appelée COP, tiendra sa 28e réunion aux Émirats arabes unis.
Entre le 30 novembre et le 12 décembre, les dirigeants mondiaux se réuniront pour faire avancer les efforts visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) et à limiter les changements climatiques qui en résultent. En marge des discussions principales, des milliers de dirigeants des secteurs public et privé participeront à la COP28 afin de créer une feuille de route d’action sur la meilleure façon de réduire les émissions, de passer aux énergies renouvelables, de faire face à la rareté de l’eau et de la nourriture et de développer des systèmes de secours résilients, entre autres enjeux.
Le défi est immense, mais l’heure n’est plus aux discussions et cela fait déjà un certain temps. Une action concertée et collaborative est nécessaire pour relever la grave urgence climatique mondiale.
Pour ce faire, Santhosh Jayaram — chef mondial de la durabilité chez HCLTech — souligne l’importance de cette COP. Il discute également de deux avancées positives découlant de la COP27 qui devraient être poursuivies, tout en identifiant les secteurs qui nécessitent une attention accrue lors de cette conférence sur le climat afin qu’elle soit considérée comme un succès.
Correction de cap basée sur le bilan mondial
La COP28 marque la première fois depuis l’Accord de Paris de 2015 à la COP21 que les pays et organisations effectueront un « bilan mondial » de leurs progrès vers l’objectif à long terme de l’atteinte de la carboneutralité d’ici 2050.
La CCNUCC le décrit comme « comme faire un inventaire. Cela signifie examiner tout ce qui est lié à la situation mondiale en matière d’action climatique et de soutien, identifier les lacunes et travailler ensemble à tracer une voie plus prometteuse pour accélérer l’action pour le climat. »
Avant la COP28, les Nations Unies ont publié leur rapport de synthèse sur ces progrès, concluant que l’action mondiale pour le climat n’est pas sur la bonne voie pour atteindre l’objectif de carboneutralité d’ici 2050.
Le rapport a mis en évidence 16 autres constats clés qui ont mené à la conclusion que nous ne sommes pas sur la bonne voie pour atteindre les objectifs à long terme de l’Accord de Paris.
Parmi ceux-ci :
- Les émissions devaient atteindre un sommet entre 2020 et 2025, mais elles continuent d’augmenter
- Les technologies plus propres doivent être déployées rapidement partout dans le monde
- La nécessité de débloquer et de redéployer des milliers de milliards de dollars pour soutenir la transition et renforcer la résilience
- Un meilleur accès aux technologies et au financement pour les pays en développement.
« Le bilan mondial doit être vu comme une mesure d’ambition et de responsabilité de la volonté collective que nous avons, comme l’humanité, de protéger nos générations futures. Ce bilan établira un précédent pour le prochain : sera-t-il fait comme un simple examen de santé de routine ou comme une correction de trajectoire? Créer une feuille de route concrète pour répondre aux constats du bilan doit être la priorité à la COP28 », déclare Jayaram.
Maintenir le focus sur l’eau et la nourriture
À la COP27 en Égypte, on a mis l’accent sur le lien entre l’eau et le réchauffement climatique, faisant de celle-ci la première COP à inclure l’eau à l’ordre du jour officiel.
« C’est la COP de l’eau », a déclaré Csaba Kőrösi, président de l’Assemblée générale des Nations Unies, à l’époque.
Pour la première fois, la conférence a consacré une journée au thème de l’agriculture et un résultat clé fut le lancement de l’initiative Food and Agriculture for Sustainable Transformation.
Les changements climatiques perturbent le cycle naturel de l’eau sur Terre, ce qui entraîne davantage d’inondations et de sécheresses ainsi qu’un manque d’accès à l’eau potable, en plus de créer des perturbations financières et logistiques en agriculture et dans le transport.
« L’eau est un enjeu crucial, tout comme la lutte contre la rareté alimentaire. Tandis que la COP27 a permis d’amorcer ces discussions, elle n’a pas permis une transition vers des systèmes alimentaires durables, et j’aimerais que l’on s’y attarde plus à la COP28. Il faut inclure les petits exploitants agricoles dans les discussions générales », affirme Jayaram.
HCLTech tient beaucoup à collaborer pour trouver des solutions autour de l’eau. C’est la première entreprise indienne à joindre cette année la Water Resilience Coalition. Nous avons aussi adhéré au CEO Water Mandate. Par l’entremise de notre HCLFoundation, nous avons reconstitué 26 fois plus d’eau que nous en consommons en Inde. De plus, HCL Group, en partenariat avec UpLink, la plateforme d’innovation ouverte du Forum économique mondial, dirige l’Initiative d’innovation Aquapreneur pour accélérer l’innovation en eau douce.
HCLTech a également lancé son Fonds d’action climatique pour les Amériques, qui offrira des subventions à des organisations non gouvernementales (ONG) luttant contre les changements climatiques et restaurant les écosystèmes et la biodiversité grâce à des solutions innovantes partout dans les Amériques.
Mise en œuvre rapide du Fonds pour pertes et dommages
Dans les heures prolongées de la COP27, il a été convenu de créer un Fonds pour pertes et dommages qui offrira un soutien financier aux pays vulnérables touchés par des effets climatiques dévastateurs. Ce n’est pas de la charité, mais de la justice climatique.
« C’était une décision historique, car il a fallu 30 ans pour obtenir cet accord depuis le début des discussions. Maintenant que nous avons une entente, nous devons agir rapidement pour que les régions vulnérables reçoivent un soutien dès que possible. Mais alors que les discussions s’étendent à la portée d’un tel fonds, de nombreuses questions épineuses devront être réglées à la satisfaction de tous. Ce serait un grand accomplissement si nous pouvions progresser plus rapidement sur ce point durant cette COP », explique Jayaram.
Encore plus d’action requise : écoblanchiment et transition vers l’énergie renouvelable
L’écoblanchiment est un terme décrivant la désinformation diffusée par une organisation pour se donner une image écoresponsable.
À la COP27, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré : « Nous devons avoir une tolérance zéro pour l’écoblanchiment de la carboneutralité. »
Depuis cette déclaration, le problème persiste, malgré l’introduction de réglementations dans certains pays pour y remédier. « Le problème, » dit Jayaram, « est l’absence de définitions claires des terminologies et de responsabilités sur les allégations. Tant que cela ne sera pas réglé, il continuera d’y avoir plusieurs teintes de vert. »
L’intelligence artificielle (IA), l’analyse de données massives et la chaîne de blocs sont trois technologies qui peuvent être déployées pour renforcer la confiance et éliminer l’écoblanchiment.
Un autre défi qui requiert plus d’attention à la COP28 est la transition énergétique des combustibles fossiles vers les énergies renouvelables.
La COP27 a été une déception, l’accord final n’engageant pas à une « élimination progressive » mais plutôt à une « réduction progressive » des combustibles fossiles. Ce manque d’action a été critiqué, et Jayaram est sceptique à l’approche de la COP28.
« Les pressions géopolitiques, notamment la guerre en Ukraine, ont peut-être contribué à la conclusion de la COP27 quant à l’absence de volonté forte de réduire l’utilisation des combustibles fossiles. Alors que ce conflit se poursuit, combiné à la situation en Israël et en Palestine, et au fait que le sommet du climat se tient dans une région où le pétrole est la principale source de revenus, je ne crois pas que l’on verra un engagement ferme envers l’élimination des combustibles fossiles. »
Il ajoute : « Toutefois, le monde n’a qu’une seule voie à suivre et, quelles que soient les pressions géopolitiques, nous devons nous engager pleinement dans la transition vers des sources d’énergie renouvelable. »




