Les effets des changements climatiques continuent de faire des ravages et, après avoir tiré la sonnette d’alarme il y a longtemps—demandant que l’on fasse davantage pour protéger l’environnement—plusieurs organisations ont accéléré leur transition écologique vers un avenir durable.
Cependant, toutes les démarches ne sont pas axées sur la protection de l’environnement; certaines tentent seulement de verdir leur image pour cacher des pratiques non durables. Un terme populaire pour désigner le fait de simuler des engagements environnementaux sans réellement contribuer à la préservation de l’environnement est l’écoblanchiment.
Alors que les mégadonnées, l’intelligence artificielle, l’apprentissage automatique et d’autres technologies font du secteur des TI un des contributeurs majeurs à la consommation globale d’énergie, ces technologies joueront aussi un rôle clé pour faire la différence entre de véritables initiatives vertes et l’écoblanchiment, tout en renforçant la confiance et la transparence.
Voici comment ces technologies aideront les militant·e·s écologistes, spécialistes du développement durable, environnementalistes et experts climatiques.
Intelligence artificielle
L’enfant controversé, l’intelligence artificielle (IA), occupe le haut du classement. L’empreinte carbone de l’IA peut être élevée, mais cela ne prend pas en compte les capacités d’économie d’énergie de l’IA, qui sont considérables.
La productivité et l’efficacité qu’elle apporte dans plusieurs industries s’ajoutent au fait que l’IA aide également à comprendre la différence entre de vraies démarches vertes et l’écoblanchiment. Grâce à la compréhension automatique du langage naturel (NLP), il est possible de détecter tôt l’écoblanchiment en analysant de vastes quantités de données qualitatives accessibles au public. Ces initiatives vertes sont analysées par la plateforme IA, qui fournit ensuite des perspectives fiables, en temps utile et complètes sur les démarches vertes et identifie l’écoblanchiment, tout en générant des alertes ESG et en identifiant les risques connexes.
Analyse de mégadonnées
Parmi les 17 Objectifs de développement durable (ODD), l’ODD-13 mentionne qu’« il faut agir d’urgence pour lutter contre la crise climatique et ses répercussions », puisque le changement climatique est le plus grand défi de l’époque.
C’est ici que l’analyse de mégadonnées entre en jeu. Elle permet aux organisations d’accéder à des données en temps réel tout au long de leur chaîne de valeur et d’approvisionnement. Comprendre ces environnements complexes, avec la capacité de prendre des mesures, assure l’efficacité et la visibilité, ce qui est crucial pour améliorer la posture de durabilité de l’organisation, tout en éliminant l’écoblanchiment.
Des outils d’algorithmes prédictifs combinés à l’apprentissage automatique et à l’IA aident les entreprises à utiliser leurs données pour devenir plus durables. Les « données vertes » servent à optimiser la gestion de l’énergie et des ressources, réduire les émissions de dioxyde de carbone issues de la production, anticiper les besoins de réparation et remplacer les machines surveillées par capteurs.
Parmi les principaux exemples, on retrouve le modèle européen de production de données vertes Copernicus—un programme satellitaire d’observation de la Terre qui calcule l’influence de la hausse des températures sur le débit des rivières et fournit des données clés pour optimiser la gestion de l’eau, la biodiversité, la qualité de l’air, la pêche et l’agriculture.
D’autres projets mondiaux de données vertes visant à lutter contre les changements climatiques incluent le projet de jeu de données sur les bassins versants de l’Environmental Protection Agency des États-Unis, le projet de simulation de toute la biosphère de Microsoft, Aqueduct, qui mesure les risques liés à l’eau, analyse la qualité et la quantité de l’eau et élabore des cartes de risques interactives, le projet Global Forest Change de l’ONU qui calcule la déforestation grâce à des images satellites haute résolution, et la Danger Map qui détermine les niveaux de pollution.
Les mégadonnées appliquées à l’environnement apportent la transparence et réduisent la fracture numérique, tout en favorisant la progression des ODD, éliminant l’écoblanchiment, aidant les consommateurs à adopter des comportements plus durables et créant des chaînes de valeur plus écologiques.
Chaîne de blocs (blockchain)
Sécurisée à la base et transparente, la chaîne de blocs est un registre décentralisé ou distribué dans lequel des données, sous forme de transactions ou d’enregistrements, sont stockées. Plusieurs transactions sont ajoutées dans un bloc et chaque nouveau bloc est lié ou enchaîné au bloc précédent, créant ainsi une chaîne de blocs dans laquelle chaque participant ou nœud détient toujours une copie du registre de réseau.
Avec une « source unique de vérité » sous forme de données, ce système développe un facteur de confiance parmi les participants avec clarté, car aucune des transactions ne peut être supprimée ou modifiée, ce qui écarte la possibilité d’écoblanchiment. La chaîne de blocs apporte la notion de « contrat intelligent » grâce à ses applications commerciales et à sa capacité d’analyse. La transparence qu’elle offre se déploie dans la chaîne d’approvisionnement, permettant aux entreprises de retracer l’origine d’un produit jusqu’à son emplacement actuel—ouvrant la voie à une consommation durable.
Grâce à une variété de cas d’utilisation et au concept de crédits carbone, cette technologie aide les organisations à faire la distinction entre la compensation carbone et l’écoblanchiment, en éliminant les informations trompeuses liées à l’écoblanchiment avancées pour prétendre à des investissements dans la durabilité.
Il est important de créer pour les client·e·s des moyens de non seulement comprendre ce qu’ils achètent, mais aussi, après l’achat, comment tirer le meilleur parti du produit, comment retourner l’emballage ou rapporter une bouteille vide pour obtenir une recharge à prix réduit.
En plus de réduire les coûts de transaction liés à la vérification, à l’attestation et à la certification, entre autres, la chaîne de blocs apporte également la transparence aux détaillants, alors qu’ils investissent dans la création de nouvelles avenues vertes, favorisant un partenariat durable entre le consommateur et le fournisseur afin de bâtir un écosystème où l’information est non seulement disponible, mais aussi facile à comprendre et à consommer.
La durabilité comme priorité d’affaires
De façon générale, les entreprises doivent faire le bon choix et donner la priorité aux initiatives de développement durable pour survivre et prospérer à l’avenir. Les employés, les clientes et clients et les investisseurs attendent désormais des initiatives durables et vertes concrètes et mesurées, d’autant plus qu’il existe des avantages économiques à passer au côté vert.
Les gouvernements donnent également plus de pouvoirs aux organismes de réglementation souhaitant sévir contre l’écoblanchiment. Le projet de loi britannique sur les marchés numériques, la concurrence et la protection des consommateurs, par exemple, devrait donner plus de moyens aux autorités de réglementation contre les entreprises qui font de fausses allégations environnementales, avec des amendes allant jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires mondial en cas d’infraction à la loi sur la protection des consommateurs. Même l’Advertising Standards Authority (ASA) a commencé à sévir contre l’écoblanchiment en publicité en délivrant récemment des avertissements à d’importantes organisations.
Il ne fait aucun doute que la durabilité est désormais une priorité d’affaires et sera considérée comme une référence pour les entreprises prospères. De plus, il existe aujourd’hui des outils et des technologies pour aider une organisation à activer des initiatives écologiques. Les entreprises qui persistent à écoblanchir consciemment causeront des dommages irréparables à leur réputation et tomberont dans l’oubli.
Santhosh Jayaram s’est entretenu avec Jaydeep Saha, journaliste mondial chez HCLTech




