RSAC 2026 : Les signaux qui ont compté le plus

Au-delà des grands thèmes que sont l’IA, l'identité et la résilience, le RSAC 2026 a révélé un ensemble plus profond de pressions structurelles que les responsables de la sécurité ne peuvent plus se permettre de considérer comme du bruit de fond.
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Prashant Mascarenhas
Prashant Mascarenhas
SVP and Global Head of Solutions, Cybersecurity, HCLTech
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RSAC 2026 : Les signaux qui ont le plus compté

RSAC 2026 a réuni plus de 43 500 participants, 700 conférenciers et 600 exposants au Moscone Center de San Francisco pour ce qui est devenu le rassemblement annuel le plus important de l’industrie de la [cybersécurité].

La 35e édition de la conférence avait pour thème The Power of Community — un message délibérément axé sur l’humain, à un moment où l’industrie est absorbée par les questions liées aux machines.

Pendant l’événement, trois grands titres ont dominé la scène principale :

  1. n'était plus une filière, c'était l'ensemble de la conférence, représentant environ 40 % de l'agenda dans tous les domaines. Cependant, le ton s'est raffiné. Les conversations ne portaient plus sur la question d'adopter ou non l'AI, mais sur la façon de l'appliquer de manière responsable, sur ce qui est nécessaire pour sécuriser les déploiements déjà très répandus en entreprise, et sur les endroits où elle génère des résultats de sécurité mesurables.
  2. L'identité a désormais clairement remplacé le périmètre traditionnel comme principale frontière de sécurité, en raison de l'explosion des environnements infonuagiques, des équipes de travail à distance et maintenant des agents AI qui opèrent à travers les systèmes d'entreprise sans périmètre réseau physique pour les contenir.
  3. La résilience a supplanté la prévention comme posture organisationnelle déterminante, les dirigeants acceptant que les brèches sont inévitables et qu'ils se mesurent à la rapidité de leur réponse. Protéger les données critiques soutient la continuité des opérations, la confiance et la conformité réglementaire. RSAC 2026 a également mis en avant une évolution plus profonde : la cybersécurité devient indissociable de la résilience des entreprises.

Il était impossible d’ignorer ces thèmes.

Ils sont apparus aussi bien sur la scène principale, le plancher d’exposition que dans presque tous les briefings de fournisseurs durant la semaine. Beaucoup a déjà été écrit sur l’AI, l’identité et la résilience comme lignes directrices dominantes du RSAC 2026. L’exercice le plus utile maintenant consiste à se concentrer sur les signaux moins visibles qui ont émergé autour d’eux, et sur ce qu’ils signifient pour les responsables de la sécurité d’entreprise qui planifient les 12 à 18 prochains mois.

Comme pour de nombreux événements de l’industrie, les renseignements les plus précieux émergent souvent ailleurs que sur la scène des conférences principales : dans des forums exécutifs, des échanges entre praticiens et des discussions franches entre les sessions. C’est là qu’un autre ensemble de thèmes est apparu plus clairement : moins couverts dans les comptes rendus habituels, mais probablement plus déterminants pour les organisations qui cherchent à renforcer leur sécurité, leur résilience et leur gouvernance dans un environnement en rapide mutation.

Cinq de ces thèmes se sont démarqués, chacun ayant des implications concrètes pour les responsables de la sécurité et des actions claires à considérer dès maintenant. Ils indiquent également des domaines où les capacités de sécurité de HCLTech peuvent aider les organisations à réagir avec plus de rapidité, de structure et de résilience. 

1. Le programme CVE est soumis à une pression structurelle

Une grande partie de la couverture post-conférence s’est concentrée sur l’AI. Bien moins de discussions ont mis en avant un élément plus fondamental : l’infrastructure de suivi des vulnérabilités qui sous-tend la plupart des programmes de sécurité d’entreprise subit une pression croissante.

Au RSAC, Katie Noble, membre du conseil CVE et directrice du PSIRT chez Intel, a été directe sur le défi : « Je ne crois pas que nous pouvons continuer au rythme et avec les outils dont nous disposons actuellement pour progresser réellement. Sinon, nous allons rester à la traîne. »

La question n’est pas seulement l’instabilité du financement. Chez GitHub, le nombre de rapports de vulnérabilités reçus au cours des 90 derniers jours était en hausse de 224 % par rapport à la période précédente. Madison Ficorilli, directrice principale de la sécurité chez GitHub, a qualifié la qualité des rapports générés par l’AI de « préoccupation énorme, énorme ».

Noble a également décrit le CVE comme « l’oxygène que nous respirons » en cyberdéfense, tout en reconnaissant la nécessité de s’interroger sur le besoin d’un système meilleur ou fondamentalement différent.

La question sous-jacente est simple : les programmes de gestion des vulnérabilités d’entreprise reposent encore largement sur le CVE comme source de données fondamentale. Si cette source devient moins fiable, il en va de même pour les modèles de triage et de priorisation qui s’appuient dessus.

Prochaine étape : Vérifier la chaîne d’outils de gestion des vulnérabilités pour toute dépendance au CVE. Commencer à évaluer les sources alternatives, y compris l’EUVD, et demander aux fournisseurs de sécurité de préciser leurs plans de contingence si la fiabilité du CVE se détériore davantage.

Comment HCLTech peut aider : , combiné à sa plateforme , opérationnalise la gestion continue de l’exposition aux menaces (CTEM) en traduisant les priorités de vulnérabilités fondées sur le renseignement adverse de partenaires industriels de premier plan en flux de remédiation accélérés. Le service offre une visibilité en temps réel sur les points finaux, les environnements infonuagiques, les systèmes d’identité, les applications et les données, identifiant, priorisant et corrigeant de façon continue les vulnérabilités de façon structurée et dans des délais définis, réduisant ainsi la dépendance au triage manuel basé sur le CVE. L’objectif est de réduire la fragilité des systèmes et de rendre les organisations plus robustes face aux défaillances en cascade.

Pour les organisations préoccupées par la fragmentation du CVE, le CTEM offre une voie vers la gestion de l’exposition fondée sur le renseignement, qui ne dépend pas uniquement d’un seul catalogue de vulnérabilités. HCLTech et CrowdStrike ont lancé récemment des , combinant la plateforme Falcon native de l’AI de CrowdStrike aux offres VERITY de HCLTech. 

2. Les deepfakes deviennent un risque opérationnel lié à l’identité

La conversation sur les deepfakes au RSAC est passée du débat théorique à un sujet de préoccupation concret. Une session intitulée Facing Reality: Hacking Facial Recognition a démontré à quel point de nombreux systèmes de vérification d’identité d’entreprise sont devenus fragiles.

Le présentateur a mis en garde : les systèmes actuels de vérification d’identité ne sont pas prêts pour cette menace. Beaucoup partent encore du principe que la vidéo de la caméra est authentique, alors que des vérifications de vivacité aussi basiques que cligner des yeux ou tourner la tête n’offrent plus de protection réelle. La conclusion était simple : voir n’est plus croire, et les systèmes d’identité d’entreprise doivent évoluer rapidement.

Les implications pour l’ingénierie sociale étaient tout aussi claires. Lors d’une table ronde de CISOs, le président-directeur général et cofondateur de Pindrop, Vijay Balasubramaniyan, a déclaré aux participants : « Vous avez déjà réalisé une entrevue avec un deepfake. Vous ne l’avez tout simplement pas encore détecté. »

Un CISO d’une grande banque a confirmé que l’organisation avait offert de trois à quatre postes à des candidats qui se sont avérés être des deepfakes. Les alertes étaient bien reçues par les équipes de sécurité, tandis que la décision d’embauche demeurait du côté des RH, sans attente que les recruteurs soient formés à détecter ce type de menace.

Les données de la conférence ont confirmé l’ampleur du défi. Selon le rapport Global Threat 2025 de CrowdStrike, le nombre d’attaques de hameçonnage vocal (vishing) a augmenté de 442 % entre le premier et le second semestre de 2024, alors que des acteurs malveillants adoptaient l’ingénierie sociale assistée par le GenAI, le hameçonnage par rappel et la manipulation des services TI. 

Prochaine étape : Lancer une simulation de deepfake en direct à l’intention des équipes financières et du service d’assistance TI, plutôt que de se fier uniquement à des scénarios de test de hameçonnage par courriel. Instaurer des protocoles de vérification hors bande, comme des codes de rappel ou une confirmation en vidéo, pour toute demande impliquant un transfert d’argent ou une réinitialisation d’identifiants. Impliquer les RH et le personnel de l’assistance à la clientèle dans le programme de sensibilisation à la menace, car ils représentent de plus en plus une surface d’attaque prioritaire.

Comment HCLTech peut aider : La  inclut des capacités dédiées à la sensibilisation à la sécurité et à la formation de la main-d’œuvre. Ses programmes de gestion des risques peuvent être dimensionnés pour mener des simulations de deepfake et de vishing adaptées aux rôles les plus à risque tels que les RH, les finances, le soutien à la clientèle et le support TI, transformant les mises en garde du RSAC en résultats de formation mesurables.

Le modèle de sécurité Zero Trust axé sur l’identité de HCLTech

3. Les identités non humaines deviennent la partie du périmètre la moins gouvernée

L’identité est maintenant largement considérée comme la principale frontière de sécurité. Ce qui demeure moins encadré, c’est de savoir quelles identités comptent le plus, surtout alors que les identités non humaines commencent à surpasser les identités humaines dans plusieurs environnements d’entreprise.

Le président de Cisco et chef de la direction des produits, Jeetu Patel, a profité de son discours d’ouverture au RSAC pour réorienter la réflexion des dirigeants sur les agents AI : « Il ne faut pas considérer ces agents comme des outils. Ils ressemblent davantage à des collègues numériques. » Il a aussi évoqué la « phase d’oops » — la période durant laquelle les agents autonomes peuvent poser des gestes erronés avant que les mécanismes de gouvernance ne soient en place.

Ce déficit de gouvernance était flagrant dans les discussions entre praticiens. L’an dernier, les organisations se demandaient ce que les agents AI pouvaient réaliser. Cette année, la question s’est déplacée vers ce qu’ils devraient être autorisés à faire, en particulier en matière d’accès, de surveillance et de restriction de leurs permissions.

L’analyse de Forrester sur l’Innovation Sandbox a souligné le même constat : 50 % des organisations testent aujourd’hui l’Agentic AI et 24 % l’utilisent en production, alors que la gouvernance et les contrôles d’identité restent à la traîne sur la cadence du déploiement.

Prochaine étape : Commanditer un inventaire de toutes les identités non humaines dans les 90 jours. Appliquer le principe du moindre privilège aux comptes de service et agents AI comme pour les utilisateurs humains privilégiés. Si la solution IGA ou PAM actuelle ne gouverne pas les identités d’agents, évaluer sa pertinence pour les besoins futurs.

Comment HCLTech peut aider : HCLTech offre un service de (MiDaaS) couvrant l’identité de la main-d’œuvre, l’identité machine, la gestion des accès privilégiés, la GIA pour consommateurs et des solutions d’accès par rôle alignées à l’architecture Zero Trust. Ces services s’étendent désormais à la gouvernance des identités non humaines et aux contrôles d’accès des agents AI, y compris les nouvelles fonctionnalités d’accès basé sur l’intention.

Son , fondé sur la plateforme Identity Security Cloud de SailPoint et le savoir-faire de HCLTech, automatise le cycle de vie des identités et permet d’inclure la gestion du provisioning, de la certification d’accès et des retraits pour les agents AI. 

4. L’écart de vitesse met les modèles SOC traditionnels sous pression

Ce sujet n’a peut-être pas dominé les discours d’ouverture, mais il est revenu fréquemment lors de discussions à huis clos et d’échanges entre praticiens. L’écart de vitesse entre les attaquants assistés par l’AI et les défenseurs agissant au rythme humain est désormais assez grand pour remettre en question la viabilité du modèle SOC traditionnel.

Le rapport M-Trends 2026 de Google Mandiant, publié pendant la conférence, indique que le temps médian entre l’accès initial et le passage à des actions malveillantes secondaires est passé de huit heures en 2022 à seulement 22 secondes. Francis deSouza, chef de l’exploitation de Google Cloud, a déclaré : « Il est impossible de se défendre contre une attaque AI seulement avec l’humain. »

Kevin Mandia, fondateur d’Armadin, a été tout aussi clair : « Vous n’aurez pas le temps d’appeler Mandiant un jeudi après-midi, de faire venir les équipes, de signer un contrat. Il faudra pouvoir intervenir à la vitesse de la machine. » Sa co-panéliste, Morgan Adamski, ex-directrice générale du US Cyber Command, a ajouté : « L’AI risque de nous faire payer pour les erreurs du passé. »

Des données du côté des praticiens ont tiré la même conclusion. Le volume du hameçonnage a fortement augmenté, croissant de façon exponentielle, alors que le coût pour les attaquants a chuté de 95 %. Le résultat : un écart de vitesse croissant, les analystes humains étant submergés par la file manuelle tandis que les systèmes d’attaque automatisés opèrent en continu.

Prochaine étape : Analyser le ratio alertes-actions du SOC. Si les analystes consacrent plus de 40 % de leur temps au triage plutôt qu’à l’enquête, le problème est structurel et non une simple question d’effectif. Lancer un projet pilote d’automatisation agentique pour le triage de premier niveau avant le prochain cycle budgétaire, et le présenter à l’interne comme une façon de réduire la surcharge cognitive plutôt que de remplacer les analystes.

Comment HCLTech peut aider : La solution (UMDR) de HCLTech propose une sécurité adaptative des données, la détection des menaces, la chasse proactive et un support expert 24 h/24.

Pour les organisations qui adoptent actuellement le modèle SOC agentique devenu nécessaire, les services UMDR et Total Resilience de HCLTech combinent la détection de menaces alimentée par l’AI, l’analytique et des réponses automatisées aux incidents à travers les environnements TI, infonuagiques et OT. Cela permet de gérer les incidents cybernétiques comme des événements de reprise contrôlée plutôt que comme des échecs opérationnels en cascade. UMDR peut servir de pont opérationnel entre le SOC classique centré sur l’humain et la posture de réponse à vitesse machine désormais requise selon les discussions du RSAC. 

5. Les plateformes GRC traditionnelles ont du mal à répondre aux exigences modernes de gouvernance

Au RSAC, la conversation sur la gouvernance, les risques et la conformité (GRC) a été plus franche que les années précédentes. La frustration ne portait pas sur le concept même de GRC, mais sur les outils imposés à de nombreuses organisations pour l’assurer.

Jay Bavisi, PDG d’EC-Council, a offert l’une des perspectives de gouvernance les plus éclairantes de la semaine : « Nous avons toujours eu pour réflexe de tirer d’abord, poser des questions après. Mais nous devrions faire l’inverse. » Il ajoute du contexte : 84 % des entreprises du Fortune 500 mentionnent désormais l’AI dans leurs rapports 10-K, alors que la maturité de la gouvernance n’a pas suivi le rythme.

Il est allé plus loin : « Nous vivons à une époque où les agents AI ont déjà leur propre communauté sur les réseaux sociaux. À une époque où les humains subissent menaces et chantages, et où nous ne savons toujours pas comment nous allons implémenter une gouvernance et une éthique . »

Le retour des praticiens était plus opérationnel, mais tout aussi direct. Des entreprises ayant investi massivement dans des plateformes GRC traditionnelles se sont retrouvées de retour sur des chiffriers Excel, suggérant que l’ère des plateformes lourdes et sur-promises touche à sa fin. Les acheteurs réclament aujourd’hui de l’utilisabilité, une visibilité multi-entités sur les risques et un meilleur soutien pour la gouvernance de l’AI, plutôt que toujours plus de fonctionnalités.

L’analyse terrain de Constellation Research a réitéré ce point. Les acheteurs ne sont plus dans la curiosité vis-à-vis la gouvernance AI, ils veulent comprendre comment ces technologies s’intègrent aux opérations de sécurité quotidienne et comment l’imputabilité peut être assurée en pratique.

Prochaine étape : Procéder à un audit d’utilisation de la plateforme GRC en place. Si le taux d’adoption par les unités d’affaires est inférieur à 60 %, l’outil ne renforce pas le programme de gestion des risques ; il l’affaiblit. Émettre une demande officielle d’informations (RFI) à au moins deux fournisseurs GRC modernes avant le prochain cycle d’audit, en priorisant l’utilisabilité, le support de la gouvernance AI et la couverture multi-entités.

Comment HCLTech peut aider : La solution GRACE de HCLTech propose une surveillance continue de la conformité, une harmonisation réglementaire unifiée et l’assurance du contrôle dans différents secteurs et territoires, de façon à ce que les audits ne ralentissent pas les opérations. Sa pratique GRC inclut aussi des évaluations des risques organisationnels et tiers, permettant de traduire l’exposition technique en risque d’affaires et aidant les dirigeants à prioriser ce qui compte le plus pour la continuité, la conformité et la confiance.

Pour combler la lacune en gouvernance AI soulignée au RSAC, le  et ses capacités de gouvernance AI intègrent éthique, réglementation et contrôles opérationnels directement dans l’adoption de l’AI, donnant aux équipes de conformité des cadres défendables pour gérer le déploiement de l’AI, plutôt que de devoir adapter des outils conçus pour un autre usage. permet aussi des programmes de transformation de plateforme GRC à l’échelle de l’entreprise.

Perspective finale

Le message le plus important du RSAC 2026 n’est pas seulement que l’AI transforme la cybersécurité. C’est que plusieurs faiblesses structurelles plus discrètes—dans l’infrastructure des vulnérabilités, la gouvernance des identités, la capacité d’analyse, la résilience et les outils de conformité—s’aggravent plus rapidement que beaucoup de programmes de sécurité ne réagissent.

Comme l’a dit Kevin Mandia, les deux prochaines années vont être « folles ».

Les organisations qui prennent acte de ces signaux maintenant et s’alignent avec des partenaires déjà tournés vers cette prochaine phase seront, au RSAC 2027, mieux positionnées non seulement pour se défendre plus efficacement, mais aussi pour opérer avec davantage de confiance dans un environnement de menaces plus rapide et plus complexe.

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