Pourquoi le capital-investissement a besoin d'une base en IA avant de pouvoir prendre de l’ampleur

Les sociétés de capital-investissement doivent industrialiser les bases de la plateforme et du modèle opérationnel qui permettent à l’IA de prendre de l’ampleur et de créer une valeur durable dans l’ensemble du portefeuille
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Parth Patel
Parth Patel
VP, Private Equity Business, HCLTech
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Pourquoi le capital-investissement a besoin d'une base en IA avant de pouvoir prendre de l’ampleur

Le  de cette série portait sur l’habitude la plus coûteuse du capital-investissement : reconstruire la capacité numérique à partir de zéro à chaque transaction, si bien que l’entreprise paie le prix fort pour le même travail à répétition sans jamais capter la valeur composée. Cette habitude est coûteuse car elle ne ressemble jamais à une crise. C’est simplement la façon dont le travail se fait.

La deuxième habitude la plus coûteuse dans le capital-investissement est celle qui consiste à ajouter de l’ à une entreprise qui n’a jamais été conçue pour l’accueillir.

Voici comment cela se déroule, de la même façon d’un portefeuille à l’autre. Un mandat d’IA tombe, provenant de la firme, du conseil d’administration ou de la simple force gravitationnelle du moment. L’entreprise du portefeuille réagit comme toute équipe compétente le ferait face à un mandat; elle passe à l’action. Les équipes achètent des licences, activent des copilotes, mettent en place un produit minimum viable (MVP) et créent un ou deux agents. En moins d’un trimestre, on présente une démo qui impressionne réellement le comité d’investissement. Il se passe quelque chose. La case est cochée.

Ensuite, silencieusement, rien ne passe à l’échelle. Le MVP, qui avait ébloui lors de la démo, ne survit pas au contact de la véritable entreprise. Le ROI demeure mince, puis s’amincit encore davantage. Six mois plus tard, l’initiative semble clairement continuer d’exister uniquement par gêne et non pour sa valeur. Les dirigeants se demandent pourquoi la technologie a sous-performé.

Ce n’est pas la technologie qui a sous-performé. La technologie était adéquate. On lui a demandé de tenir sur une fondation inexistante.

Le toit avant la maison

L’IA n’est pas un simple module complémentaire. C’est le sommet d’une pile et tout ce qu’elle fait dépend de ce qui la soutient. Dirigez un système d’IA sur vos données et il hérite de la qualité de vos données. Connectez-le à vos flux de travail et il en hérite aussi l’état. Demandez-lui de prendre des décisions et il hérite de vos droits de décision, de votre reddition de compte, de votre définition de ce qu’est un bon résultat. L’IA n’a pas de fondation propre. Elle emprunte celle que vous avez déjà et si cette fondation est brisée, artisanale ou absente, l’intelligence que vous avez payée amplifie fidèlement le désordre.

Ajouter de l’IA avant que la fondation n’existe, c’est comme construire le toit avant la maison. On peut admirer le toit. On peut l’ajouter à la présentation. Mais il n’y a rien pour le soutenir et, au moindre appui, tout s’effondre.

La pile, du sol au sommet, n’a rien de mystérieux. Les données sont le plancher. L’infonuagique et l’infrastructure fournissent la base sous-jacente. Les systèmes d’exploitation centraux, y compris les systèmes ERP et CRM qui gèrent les finances, les opérations et l’approche commerciale, donnent à l’IA son contexte et sa portée. Les systèmes commerciaux, numériques, la mise en marché et les paiements sont là où se manifeste la hausse des revenus. L’IA est la couronne qui coiffe le tout. On ne peut pas installer la couronne et descendre. On construit de bas en haut, dans l’ordre, ou on ne construit pas du tout.

C’est pourquoi « nous avons ajouté l’IA » et « l’IA a créé de la valeur » sont deux affirmations complètement différentes. L’écart entre les deux est la fondation, qui peut soit être bâtie maintenant de façon délibérée, soit être payée plus tard en pilotes bloqués et en trimestres gaspillés.

La fondation est la capacité horizontale ultime

Le premier article de cette série soutenait que les firmes de placement privé devraient industrialiser les capacités horizontales communes au niveau du portefeuille plutôt que de les reconstruire transaction par transaction : industrialiser le commun, personnaliser le rare

La fondation de l’IA est la capacité horizontale la plus pure qui soit. Au niveau des données, du et des systèmes centraux, une entreprise de services de et un partagent de nombreux besoins fondamentaux. Les deux ont besoin de données propres, gérées et accessibles. Les deux ont besoin d’une discipline infonuagique. Les deux ont besoin de systèmes d’exploitation qui ne tiennent pas par de la broche. Rien de tout cela n’est propre à un secteur. Trop souvent, ces capacités sont reconstruites à partir de zéro dans les entreprises recevant un mandat d’IA, ce qui fait que cette deuxième habitude la plus coûteuse n’est en réalité que la première habitude sous un enrobage plus à la mode. C’est la même taxe traditionnelle, payée encore une fois et, cette fois-ci, c’est aussi l’obstacle qui freine l’IA tant attendue.

La démarche est celle que nous soutenons depuis le début de cette série. La firme ne construit pas la fondation transaction par transaction. Elle l’industrialise une seule fois, à l’échelle de la firme, puis l’implante dans le modèle opérationnel de chaque société du portefeuille. Construisez-la une fois; chaque entreprise en bénéficie. C’est l’approche plateforme, appliquée au moment précis où toute l’industrie essaie d’y passer en vitesse.

La moitié de la fondation que tout le monde néglige

Voici la partie qui sépare les firmes qui tireront de la valeur de l’IA et celles qui accumuleront les pilotes avortés. Car même celles qui ont la discipline de construire la fondation n’en construisent généralement que la moitié.

La fondation a deux dimensions, non une seule.

La première est la dimension plateforme  : les systèmes. Données, infonuagique, ERP, CRM, numérique et paiements. C’est la moitié visible, car on peut l’acheter. Elle apparaît sur une ligne budgétaire, elle a un fournisseur, elle possède un plan de déploiement. Quand une firme dit « nous investissons dans la fondation », c’est presque toujours de cette moitié qu’il s’agit.

La seconde est la dimension modèle opérationnel  : la façon dont le travail s’effectue réellement. Les droits de décision, la conception des flux de travail, la structure des équipes, la reddition de comptes et la définition d’un bon résultat. C’est la moitié que personne ne peut pointer sur une facture, raison pour laquelle elle est négligée. Et c’est celle qui détermine tout.

Une plateforme de données installée sous un flux de travail inchangé ne transforme pas le travail. Elle peut simplement accélérer l’ancien processus tout en donnant un vernis d’autorité à des résultats douteux. Un agent IA incorporé dans une chaîne d’approbation qui prend toujours quatre semaines ne fait pas disparaître ce délai; il produit une belle recommandation qui attendra quand même quatre semaines. Ajouter de l’intelligence à un modèle opérationnel défaillant ne le corrige pas. Cela accélère simplement le déplacement dans la même direction qu’auparavant.

Les systèmes sont nécessaires, mais ils ne suffisent pas. La fondation ne crée de la valeur que lorsque les personnes dont le travail s’appuie sur elle changent également leur façon de faire. Les deux dimensions ne sont pas un menu. Ce sont une séquence et un binôme : bâtir les plateformes, repenser le modèle opérationnel qui les utilise, puis offrir à l’IA une véritable base pour s’appuyer. Sauter la séquence donne la vitesse sans l’adhérence. Négliger la seconde dimension conduit simplement à accélérer ce que l’on cherchait déjà à laisser derrière.

Pourquoi l’IA ne pardonne-t-elle pas les raccourcis ?

Il est important d’être précis sur les raisons pour lesquelles c’est plus pressant aujourd’hui qu’il y a deux vagues technologiques, car l’instinct de bouger d’abord et de construire plus tard n’est pas irrationnel; il appartient simplement à un monde qui n’existe plus.

Lorsque le levier est l’IA, une fondation instable n’en limite pas seulement le potentiel. Elle crée un risque. De l’IA appliquée à des données de mauvaise qualité peut produire des erreurs plausibles et affirmées à grande échelle. De l’IA ajoutée à un flux de travail inchangé peut également figer ce flux en le rendant moins coûteux à maintenir. L’échec typique d’une IA prématurée n’est pas un petit raté. C’est l’automatisation, à grande vitesse, de votre pire processus, et la confiance dans le résultat simplement parce qu’il provient d’un système qui semble intelligent.

C’est pourquoi la séquence est plus importante que jamais. Plus ce qu’on place au sommet de la pile est rapide et performant, plus il est coûteux de le bâtir sur du vide.

« Mais nous n’avons pas le temps de bâtir des fondations »

L’objection la plus forte est aussi la plus honnête, et elle mérite une vraie réponse. Elle se formule ainsi : c’est une belle théorie, mais nos concurrents déploient déjà l’IA et si nous passons une année à construire des fondations, nous manquerons la fenêtre d’opportunité.

Deux vérités permettent de réfuter ce raisonnement.

Premièrement : l’adoption visible de l’IA ne se traduit pas nécessairement par un impact à grande échelle. De nombreuses organisations ont adopté l’IA, mais peinent encore à transformer l’expérimentation en valeur d’affaires constante. La rapidité sans la séquence n’est pas synonyme d’avance.

Deuxièmement, les firmes de capital-investissement ont un avantage au niveau du portefeuille. Prioriser la fondation n'a pas à être synonyme de lenteur, car la firme peut industrialiser les capacités communes en matière de données, d’infonuagique et de modèles opérationnels une fois et les réutiliser dans toutes les entreprises du portefeuille. Cela peut permettre une mise à l’échelle plus rapide que d’exiger que chaque entreprise rebâtisse ces capacités séparément.

Où se situe la valeur

La valeur se matérialise à trois endroits.

Elle se manifeste dans le multiple de sortie. Une entreprise de portefeuille reposant sur une fondation partagée, prête pour l’IA, avec des flux de travail repensés autour et une IA déployée à grande échelle, peut être un actif plus crédible et précieux qu’une entreprise menée par des pilotes qui n’ont jamais pu passer à l’échelle. Les acheteurs peuvent facilement distinguer l’IA intégrée à l’entreprise et celle confinée aux démonstrations.

On la retrouve dans l’avantage en matière de sourcing et de diligence. Une firme capable d’offrir la fondation peut soutenir la valorisation IA lors de la diligence avec sérieux, car elle sait ce qu’il faut pour réaliser cette valeur et possède déjà la machine qui la génère. C’est une offre plus claire et assurée qu’un concurrent qui parie sur un upside IA sans en avoir la méthode reproductible.

Et elle apparaît dans l’histoire du fonds. Une fondation industrialisée et reproductible, dans ses deux dimensions, est un atout transversal, non un coût à chaque transaction. « Nous avons une méthode éprouvée pour préparer rapidement des sociétés du portefeuille à l’IA, à grande échelle » est un message nettement plus convaincant pour les commanditaires (LP) que le simple « nous sommes emballés par l’IA », devenu aussi commun que tous les autres arguments de vente.

Que faire lundi matin

La discipline requise ici est presque entièrement une discipline de retenue, suivie de la séquence.

Résistez à faire de l’IA la priorité. Quand le mandat arrive, l’instinct est de déployer; la véritable réponse consiste à vérifier sur quoi ce déploiement s’appuiera. Pour chaque entreprise du portefeuille, cartographiez la fondation sur les deux dimensions : quelles plateformes sont en place et jusqu’où le modèle opérationnel a été véritablement repensé plutôt que simplement automatisé. La plupart des entreprises seront faibles sur les deux plans et n’admettront la faiblesse de la seconde dimension que sous pression; mettez donc la pression.

Puis, identifiez la capacité de fondation la plus souvent absente dans le portefeuille (souvent les données) et industrialisez-la à l’échelle de la firme afin que la prochaine entreprise en hérite plutôt que la reconstruire. Associez l’investissement dans la plateforme à la refonte du modèle opérationnel qui la valorise, puis déployez l’IA là où les deux fondations sont assez matures.

La deuxième habitude la plus coûteuse du capital-investissement ressemble exactement à de l’ambition. Cela ressemble à une firme qui agit vite lors d’un des tournants technologiques les plus importants de la décennie. Cela ressemble à du progrès, jusqu’à ce que quelqu’un s’appuie sur le toit et constate qu’il n’y a jamais eu de maison.

Chez HCLTech, nous avons bâti un guide de la plateforme qui combine la séquence et les dimensions fondamentales nécessaires pour accélérer le déploiement de l’IA à l’échelle du portefeuille.

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